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Vers une régionalisation du Grand Port Maritime de Bordeaux ?

Michèle DELAUNAY, sollicitée pour appuyer le projet de régionalisation du Grand Port Martime de Bordeaux, a consulté les acteurs du Port.

Le Port de Bordeaux fait partie des 7 Grands Ports Maritimes de France et doit être renforcé au regard de son passé mais aussi de l’avenir du transport maritime et fluvial en lien avec les objectifs de la COP 21. Le transport maritime est en effet le plus économique en énergie et le moins polluant.

Déclasser le Port national pour en faire un port régional reviendrait à se priver des aides de l’Etat pour le dragage indispensable de l’estuaire (8,5 Millions d’euros par an) mais aussi pour les investissements du Port (2 Millions par an). Même si l’Etat compensait la perte financière, la tendance nous montre que ce ne pourrait être durable et que tôt ou tard, ces aides devraient être reprises en totalité par les instances régionales.

Par ailleurs, une régionalisation ne peut être conditionnée qu’à un projet global intégrant notamment le transport modal. Or, il n’est pas encore complètement stabilisé au regard de la « jeunesse » de la Nouvelle-Aquitaine.

Le terminal du Verdon, indispensable au développement économique du Port, se trouve actuellement à un tournant et il est urgentissime qu’une solution soit trouvée pour que l’activité se remette en route. Il suffit de regarder une carte pour comprendre qu’il n’y a pas d’autre solution. Bordeaux est un port d’estuaire qui a besoin d’un débouché en prise directe avec la mer.

Pour la France, pour la Gauche

Élue à plusieurs reprises sous le dossard du Parti Socialiste, je suis fière de le porter, aujourd’hui comme députée, hier comme ministre déléguée. Je pense même que c’est dans les périodes difficiles qu’il faut le porter d’autant plus haut et avec plus de force.

Dans une Europe fragilisée par les difficultés économiques et la crise des réfugiés, tous les partis de gouvernement sont aujourd’hui secoués. L’un vient aujourd’hui même d’être gravement désavoué, entraînant la sortie – plus grave encore – du Royaume Uni de l’Union Européenne.

De tous ces gouvernements, le nôtre est sans discussion celui qui se situe le plus à gauche. Ses engagements sont clairs mais il a, comme cette fois tous les autres, à affronter le poids de la réalité. La faible croissance (la nôtre se situera cette année dans la moyenne européenne) n’autorise pas autre chose qu’un grand sérieux budgétaire. Pour autant la courbe du chômage s’inverse enfin, malgré les stratégies politiques de deux syndicats et en premier lieu du MEDEF.

Les critiques sont plus aisées que l’effort, plus aisées aussi à traduire dans les médias que les résultats. Avec la grande majorité des élus socialistes, je ne suis pas prête à les subir sans non seulement résister, mais réagir, c’est à dire expliquer, démontrer, porter ce qui a été fait au Gouvernement comme au Parlement.

Que l’on ne croit pas que chacun d’entre nous n’ait pas de réserves sur tel point ou sur un autre : nous ne serions pas socialistes sinon. Mais ce qui nous unit, hier comme aujourd’hui, est sans commune mesure plus fort que ce qui nous divise ou même ce qui nous interroge

C’est pourquoi les 13 parlementaires PS de la Gironde* ont choisi de s’exprimer autour de plusieurs ministres du Gouvernement ce mercredi 29 juin à Bordeaux,  fief de l’un des 13 candidats aux primaires de la droite dont les propositions ultra libérales suffisent à démontrer que notre ancrage est, lui, bien à gauche.

Je vous invite à venir nombreux pour cet enjeu collectif (Athénée municipal de Bordeaux, 18h 30). Les interventions seront suivies d’un débat avec la salle, républicain et respectueux de chacun, ce qui est l’esprit même de notre Gironde et de la Nouvelle Aquitaine toute entière.

Soyons unis, soyons forts, soyons libres.

 

*Florent Boudié, Michèle Delaunay, Sandrine Doucet, Martine Faure, Pascale Got, Conchita Lacuey, Arnaud Leroy, Philippe Plisson, Marie Recalde, Alain Rousset, Gilles Savary (députés)
Alain Anziani, Françoise Cartron, Philippe Madrelle (sénateurs)

Stationnement : des riverains contraints et captifs

Présentation ce matin en Conseil de Métropole du rapport annuel pour l’exercice 2015 de la délégation de service public BP 3000 et Central Parcs.

Quelques éléments préliminaires :

– Central Parcs / Urbis Park : Camille Jullian

– BP 3000 (filiale d’Urbis Park) : Jean Jaurès, Bourse, Salinières, André Meunier, Tourny

                        => soit 3684 places de stationnement véhicules légers (31% des places métropolitaines)

Variation des tarifs 2014/2015 :

(politique tarifaire encadrée par le contrat de délégation de service public signé depuis 1999 avec la CUB avec 2 avenant depuis).

– horaires jours : entre 0,70% et 4%
– forfait nuit : entre 2,56% et 3%
– abonnements : entre 1,40% et 4%

Soit une évolution moyenne des tarifs de 1,60%.

Fréquentation :

Fréquentation en hausse entre +2,90% et +33% de la fréquentation horaire tous parcs confondus entre 2014 et 2015.
Croissance très forte du nombre d’abonnés résidents entre 0% et 36% : +24% Meunier, +33% Tourny et + 36% Salinières.

Accroissement de + 17% du nombre d’abonnés sur l’ensemble des sites BP3000 et + 14% pour Central Parcs, contre -4% pour les abonnés non résidents.

Pour Central Parcs, les abonnements résidents et les abonnements de nuit sont restés stables.

Résultats financiers :

BP 3000 : + 5,9% par apport à 2014 soit 10 091 094€
Central Parcs : + 14,2% par rapport à 2014 soit 1 183 628€

La hausse du chiffre d’affaires se justifie par 31% du CA des abonnés, 66% par le CA horaire et 3% par les ventes d’amodiation.

Elements de l’intervention de Michèle Delaunay

La présentation du délégataire est très positive concernant l’augmentation du nombre des résidents : « Simultanément, la hausse sensible des résidents illustre parfaitement l’attrait actuel de la Ville de Bordeaux, son classement comme « Ville préférée des Français », et la modification structurelle de nombreux bureaux du Centre ville en logements. L’effort commercial et de communication à destination des résidents perdure depuis 2014, et contribue aussi à leur forte augmentation ».

Deux questions se posent alors :

> Ces résidents ont-il vraiment bien le choix ? Avec l’augmentation du stationnement payant et la problématique du deuxième véhicule, bon nombre de ménages n’ont pas d’autres choix que de se tourner vers les parkings souterrains et leurs abonnements résidents.

> L’augmentation croissante du nombre d’abonnements résidents (+ 17%) devrait justement permettre « un effort commercial à destination des résidents » avec une politique tarifaire moins pénalisante pour ce public contraint et captif.

Alors qu’on nous dit que le nombre de résidents augmente et que les bénéfices augmentent, on augmente quand même les tarifs et donc la pression fiscale sur les Bordelais. 

Plus loin dans le compte rendu annuel d’activité, l’enquête de satisfaction révèle, sur le thème de la mobilité urbaine et l’utilisation des nouveaux modes de déplacement, que seul 1% des personnes interrogées (6/428 répondants) disent utiliser le service de voiture en libre-service BLUECUB. Alors que la Métropole est très engagée sur les questions de pluri-modalités des transports et que la ville-centre mène une politique très agressive à l’encontre de la circulation automobile, ne serait-il pas pertinent qu’une politique tarifaire plus incitative soit mise en place pour l’utilisation des véhicules d’auto-partage et électriques dont il paraît évident qu’ils sont sous utilisés ?

Enfin, sur les recettes, malgré une augmentation de 5,9% pour l’ensemble des parcs (cf. page 39 du compte rendu annuel d’activité), et un dépassement de 10 millions de recettes, il est stipulé « ces dernières restent très en dessous des prévisions du compte d’exploitation prévisionnel du contrat de délégation de service public », bien qu’il soit mentionné juste au dessus que « l’évolution des recettes de 5,9% traduit le dynamisme et l’attractivité de la ville, notamment l’hypercentre et les quais, le positionnement central des ouvrages, la cohérence entre les tarifs pratiqués avec les attentes de la clientèle ».

On a du mal à comprendre comment avec une hausse de la fréquentation et une augmentation des abonnements résidents déjà importants, les prévisions pouvaient être meilleures, à moins d’une augmentation des tarifs – déjà élevés – bien supérieure… Cet écart amène une réflexion sur la conception d’une politique globale et intégrée de stationnement. Nous ne pouvons pas continuer à signer des contrats dont l’essentiel serait des prévisions financières et de fréquentation. La ville de Bordeaux a décidé de favoriser le report du stationnement sur les parkings en ouvrage sans pour autant revoir ses contrats de DSP et sans que la métropole conçoive une politique véritablement intégrée à l’échelle des quartiers de la ville et à l’échelle métropolitaine, c’est-à-dire en cohérence avec les autres villes de la métropole bordelaise.

En quoi la politique tarifaire mise en place par les délégataires, évite aujourd’hui plus qu’hier les effets de bords qui saturent les villes limitrophes de Bordeaux et asphyxient des quartiers entiers ?

Par ailleurs, les élus n’ont pas eu de retour sur l’Observatoire du Stationnement qui s’est déroulé le 10 mai dernier. A l’occasion de conseils de quartier il m’a été rapporté que certaines des propositions que je formule régulièrement depuis plusieurs années ont été retenues et je m’en félicite si cela se confirmait. Il s’agit tout particulièrement de l’instauration d’un macaron pour les aides à domicile très pénalisées par la généralisation du stationnement payant.

Aujourd’hui, des expérimentations sur le stationnement en voirie semblent aller dans le bon sens : usage des bateaux devant les garages pour les résidents, parcs de foisonnement… mais leur déclinaison restera éloignée des besoins et des enjeux tant que la justice sociale continuera d’être la grande absente des réflexions sur les modalités de déplacement et de stationnement.

Pour finir, je tiens à revenir en quelques phrases sur la vente de Central Parcs et BP3000 que nous avons été nombreux à découvrir dans l’édition de Sud Ouest du vendredi 17 juin. Bien que ce changement de main au profit de Transdev semble ne pas avoir d’impact sur la délégation de service public, cette situation sans information préalable des élus est anormale alors qu’elle concerne des équipements publics.

A l’issue de cette intervention :

Aucune réponse de la majorité sur la politique tarifaire incitative pour l’utilisation des véhicules électriques/ en autopartage alors que seuls 1% des usagers interrogés utilise ces services.

Aucune réponse sur la tarification sociale. La contrainte de l’automobile, à laquelle je souscris, se fait uniquement sous la forme d’une pression financière particulièrement prégnante sur les petits salaires. La politique mise en oeuvre favorise les propriétaires d’autant plus s’ils ont un garage voire une cour.

J’ai par ailleurs été très injustement accusée par M. Christophe Duprat, d’être contre la ligne D du tram alors que je me suis exprimée contre le trajet en me positionnant en faveur d’un tracé desservant Caudéran et ses 45 000 habitants.

 

Assemblée générale du CIDFF

Le CIDFF de la Gironde (Centre d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles) réunissait hier, 20 juin, les membres de son Assemblée Générale et présentait les actions menées pendant l’année 2015 ainsi que les projets actuels pour la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Cette association dispose de deux antennes (Bordeaux, rue Thiac et Libourne) et de plus de 15 lieux d’accueil du public. En 2015, 7 894 personnes ont été informées, accompagnées et/ou sensibilisées dont 75 % de femmes.

Le CIDFF intervient dans des domaines multiples :

  • accès au droit (accès individuels pour 5125 personnes – conventionnement avec le barreau de Bordeaux)
  • insertion professionnelle (ateliers collectifs, mixité des emplois, visites d’entreprises…)
  • accompagnement à la création d’entreprise dont ont bénéficié 205 personnes (159 femmes)
  • soutien psychologique auprès notamment des personnes en situation de veuvage;
  • égalité, citoyenneté (ex : interventions auprès des jeunes pour une prise de conscience des inégalités sexistes véhiculées par les stéréotypes)
  • lutte contre la violence faite aux femmes.

En 2016, trois nouvelles permanences d’accès au droit vont être ouvertes à Lesparre, Bassens et Langon.

Une belle équipe au dynamisme et à l’engagement contagieux !

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Longtemps désirées et sitôt obtenues, déjà rejetées

Tous les demandaient à grands cris et maintenant les voilà dénoncées comme un « piège ». Ces mal-aimées, désirées avant, rejetées sitôt après, ce sont les Primaires votées hier à l’unanimité au Conseil National du Parti Socialiste.

On pourrait se réjouir de cette unanimité qui n’est pas la nourriture du quotidien du PS. Que nenni ! « Ces primaires sont inscrites dans les statuts du PS, il nous les faut ! » exigeaient les plus à gauche dans nos rangs. Sans doute ceux-là n’avaient-ils pas lu ces statuts, car la loyauté de vote des parlementaires y figure aussi.

Mais enfin, ils les ont et les vivent désormais comme « un piège tendu par Hollande ». Ne seront-elles pas l’occasion parfaite d’éclaircir la ligne de ce parti bousculé, comme tous le demandent depuis 4 ans ? N’écartent-elles pas ce que certains redoutaient : que le Président s’y soustraie et s’installe dans le fauteuil de candidat naturel ?

Eh bien, cette crainte que beaucoup brandissaient, est écartée.

Ce que nos frondeurs regrettent aujourd’hui -pas très à l’aise pour le faire-, c’est que la gauche non gouvernementale ne puisse pas y participer. Imaginons que cela soit possible, imaginons-en le résultat : resterait en lice un seul candidat de gauche contre un candidat de droite. Qui réglerait obligatoirement le match : le troisième, c’est à dire le Front National !

Tout aujourd’hui est discuté, vilipendé, partout et tous les jours, tandis qu’au contraire tout ce qui marche ou finit par fonctionner, ne vaut pas grand- chose. La courbe du chômage finit par s’inverser : l’inversion vient trop tard! Alors que nous devrions reconnaitre, même s’il faut un peu de courage, qu’avec un MEDEF qui fait depuis le premier jour de la politique pour écarter du pouvoir cette gauche qu’il juge de tout temps illégitime, il a quelque mérite à y être parvenu. Et je ne parle pas d’un autre syndicat qui joue, lui, l’anéantissement de François Hollande.

Nous, Parlementaires socialistes, qui avons été élus à ce titre, n’avons pas été dans les 4 années écoulées, d’accord sur tout : nous ne serions pas sinon socialistes. Mais ce que nous avons fait, nous l’avons fait loyalement, dans l’intérêt des Français et dans celui de la France. Et nous avons envie de le dire.