Régionales : le ministère de l'intelligence nationale
le lundi 8 mars 2010 à 15h07
Le ministère de l'intelligence nationale, ce n'est pas un quelconque Eric Besson qui en est détenteur, ce sont les Français à l'occasion du scrutin des élections régionales du 14 mars.
En plus de l'enjeu régional, le scrutin qui approche à grands pas a une portée nationale de première grandeur. Aucun sondage, aucune manifestation d'opinion, aucun mouvement de rue n'a une valeur aussi forte que les urnes. Elles sont en effet la démonstration de l'engagement des citoyens. Elles constituent également, alors que plusieurs ministres sont en lice, un référendum décisif sur la politique gouvernementale et la majorité qui la soutient.
L'engagement des citoyens. Aller voter est un acte positif, réfléchi, résolu. Il n'est pas un mouvement de colère, un caprice d'un instant. Bien des scrutins ont montré au contraire la maturité du corps électoral. C'est pour cela que l'abstention est la première ennemie de ces élections : si elle était forte, les enseignements du scrutin seraient affaiblis ou relativisés par la majorité en place.
Les résultat des sondages, presque trop beaux pour être vrai, ne sont pas en cela amis du prochain vote car ils risquent de démobiliser les uns et de créer un sursaut chez les autres. Une abstention plus forte que prévue de l'électorat de la gauche, une mobilisation de dernière heure de la droite fragiliseraient le message.
Un référendum décisif sur la politique gouvernementale et la majorité qui la soutient. Nicolas Sarkozy ne pourra traiter une déroute de son camp comme une simple péripétie à l'occasion d'une élection locale. C'est lui-même qui, initialement, a voulu faire de ce scrutin un référendum sur sa politique. Il s'en est ensuite mis un peu à l'écart, plus de force que de gré, aucun candidat ne voulant de lui sur le terrain. Une forte victoire de la gauche -et plus encore une victoire générale aboutissant à un grand chelem, ne laissera rien indemne à droite. Ni le Président, ni le gouvernement qui sera encore affaibli, ni surtout la politique approximative, allant de couacs en échecs, et de mauvais chiffres en résultats catastrophiques que l'un et l'autre imposent au pays. Les uns et les autres ne pourront plus faire comme si rien ne s'était passé et devront radicalement changer de méthodes et donner des gages sociaux aux Français.
La troisième dimension de ce scrutin réside dans le fait qu'il constitue le dernier scrutin national avant la présidentielle. Il doit être pour nous une marche qui monte et qui prépare, non seulement l'alternance, mais une véritable alternative à la politique actuelle.
Et justement, un résultat positif ne sera pas non plus sans conséquences pour le PS. Re-légitimé après les égarements qui ont entouré le congrès de Reims, il sera placé devant ses responsabilités, obligé de construire, d'avancer des propositions qui parlent à l'esprit des Français.
L'"identité nationale" n'a paru à personne un concept qu'il y avait urgence à définir. L'intelligence nationale, si. Et nous avons encore 8 jours pour y parvenir.






Commentaires
Si ça doit donner du plomb dans la tête au PS, alors il faut voter sans aucun doute massivement !
Finies les querelles, vous êtes sûre ?
Rien sur le 8 mars ? Non sur "journée de la femme" mais sur "journée des droits des femmes". Un petit rappel de temps en temps pour les jeunes femmes qui n'ont peut-être pas conscience que leurs droits ont été gagnés par les femmes syndicalistes ou engagées en politique et non par le "fait du prince". Un signal d'alarme aussi : rien n'est jamais acquis et tout peut être remis en cause. Une journée symbole à ne pas passer sous silence. Tant de droits sont fragiles.
A douce-amère. Merci de rappeler qu'il s'agit bien de la "journée des droits de la femme". Je parle souvent des femmes dans ce blog, mais je l'avoue pas toujours comme les "marroniers" des journaux : à date fixe et imposée. Je participais hier à un débat sur "femmes et précarité". Ce n'est pas le seul sujet du féminisme du XXIème siècle, mais c'est sans aucun doute le plus urgent. Sûr que j'en parlerai une fois de plus dans pas longtemps...
à Nordine de R. Voilà en quelques lignes un beau résumé des "poncifs de comptoir" à l'égard du Parti Socialiste ! Bravo, continuez...
@ Nordine
Le PS est-il encore de gauche ? Pour répondre à votre question, le parti socialiste ne doit pas regarder à sa gauche mais à sa droite. Y a-t-il des partis à la droite du PS ? Oui, assurément. Donc le PS est à gauche, c'est aussi simple que ça (le centre n'existe pas : un point, c'est tout). Quand il n'aura plus personne à sa droite, le PS sera le premier parti de droite. Nous n'en sommes pas là.
Une gauche condamnée à la surenchère, comme ces lessives qui naguère voulaient toutes laver plus blanc que blanc, c'est une gauche qui se résigne au verbe au lieu de se vouer à l'action. Pour être dans l'action, il lui faut des idées. La seule vraie question qui vaille est donc la suivante : le P.S. a-t-il aujourd'hui des idées qui lui permettront d'agir demain ? A-t-il une pensée ou se contente-t-il d'une course à l'échalote vers l'Elysée ? Il faut inventer un avenir qui ne soit pas déjà advenu. C'est autrement exaltant, me semble-t-il, que de marquer les Trotsks à la culotte ! Elle est là, notre intelligence nationale, pas dans l'éternelle promesse du grand soir.
La tragi-comédie de l'excommunication des montpelliérains participe-t-elle vraiment de l'intelligence nationale?
Si la géographie l'emporte toujours, comme disait si bien votre père, on se demande vraiment ce que la Maire de Lille est allée faire lá-bas?
Défense et illustration des ...droits de la femme...?
Pour montrer qu'elle en a, des droits..?
On avait vu des papes à Avignon...c'est bien dans la ligne sarkosyste d'en amener une á Montpellier!
La presse papiste hurle au tsunami anti-ump.
Trucage supplémentaire?!
Gare au retour de flamme du frémissement!
La France profonde est géographiquement intelligente.
@ Alphonse
"La France profonde est géographiquement intelligente."
Oui. Et la First Secretary est profondément une femme à histoires.
http://blogdejocelyne.canalblog.com...
Il y a toutes sortes de femmes.
Comme d'hommes.
DE TOUT COEUR AVEC VOUS.......la secretaire devouée du ministère sus nommé MJO
INCONDITIONNELLE DE NOTRE EFFRONTEE NATIONALE.....SEGOLENE
moi ca fait 30 ans que j'attends du ps un peu plus au niveau social hors depuis 30 ans c'est plutot de la regression auquel nous avons le droit et le ps ne peut pas helas dire qu'il n'a pas eu sa chance en 30 ans au moins une bonne dizaine d'annee il etait en premiere ligne et quel resultat 30 ans plus tard, toujours du chomage et toujours plus, plus precarite et toujours, plus de personnees mal logees moins de protection sociale mais toujours plus d'impots et toujours les meme problemes qui deviennent de plus en plus grand, sincerement si on veut pas tobmer au fond du trou c'est de l'action de la vrai qu'il faut et non seulement des discours sur le vote utile pour faire que le ps sera toujours le plus grand partie d'opposition si vraiment il veut le redevenir qu'il le soit pas juste par le vote utile ineluctable au second tour mais bien par des vraies propositions qui puisse redonner de l'optimisme a des millions de francais et non que c'est francais de plus en plus exclus se voit voler leur vote et qu'il sachent que vraiment on ne fait pas s'interesser a eux mais qu'on s'en occupe
@Alain,
Presque tout à fait d'accord avec votre (ton) analyse. Mais dans la pratique, 2012 arrivera bien. Et là, quelle attitude à avoir (faut prévoir) pour que les Besancenot, et autres Bayrou ne favorisent pas le candidat UMP, en tout cas beaucoup moins que le (ou la) candidat(e) PS, comparé à 2007? Il faudra bien un discours ferme, mais ni trop consensuel, ni trop fermé... Il serait peut-être judicieux d'y réfléchir à tous les échelons du PS, j'entends par là: ne pas être pris de court.
@Alain,
Presque tout à fait d'accord avec votre (ton) analyse. Mais dans la pratique, 2012 arrivera bien. Et là, quelle attitude à avoir (faut prévoir) pour que les Besancenot, et autres Bayrou ne favorisent pas le candidat UMP, en tout cas beaucoup moins que le (ou la) candidat(e) PS, comparé à 2007? Il faudra bien un discours ferme, mais ni trop consensuel, ni trop fermé... Il serait peut-être judicieux d'y réfléchir à tous les échelons du PS, j'entends par là: ne pas être pris de court.
un ministere de l'intelligence nationale !
J ADORE !
Belle journée en ce dimanche
gildas