Grippe A/H1N1 : les points forts de l'audition de Roselyne Bachelot
le mercredi 13 janvier 2010 à 10h01
Trois heures hier pour la 5 ème audition de Roselyne Bachelot à l'Assemblée, à laquelle, il est important de le dire, nous ne sommes pas allés comme des procureurs de la 25 ème heure, mais comme des députés responsables qui savent qu'il n'est pas facile de gérer une crise sanitaire et que nous-mêmes, aux affaires, aurions pu faire des erreurs d'appréciation.
Pour autant, la Ministre est demeurée en tous points sur ses positions et nous n'avons reçu aucune réponse décisive.
Plusieurs questions demeurent sans réponse :
- Cinq millions de Français ont été à ce jour vaccinés. Quel pourcentage des personnes à risque a reçu le vaccin ? La Ministre a répondu qu' "on ne pouvait pas le savoir", car il faudrait alors croiser des fichiers "qui n'existent pas en France (...). Cette réponse n'est pas recevable : les personnes à risque ont reçu individuellement un bon de vaccination, il doit être possible de savoir quel pourcentage de ces bons ont été utilisés.
- Pourquoi a-t-on acheté d'emblée 94 millions de doses (1,46 fois le chiffre de notre population), au lieu comme le préconise aujourd'hui la Ministre de gérer la crise étapes par étapes, et surtout alors qu'il était matériellement impossible de vacciner dans un temps court un nombre aussi important de personnes ? Toujours pas de réponse satisfaisante. Voilà un point où la Ministre se serait grandie de reconnaître une erreur stratégique et économique.
- Pourquoi avons-nous payé les doses plus cher que les autres pays européens et pourquoi avons nous accepté des divers laboratoires des prix différents alors que notre poids dans la négociation (vu le nombre de doses achetées) était considérable ? Réponse particulièrement langue de bois de la Ministre : "nous avons négocié pied à pied". Pas un mot d'explication sur les différences de prix, pas un chiffre. La question a été éludée alors qu'elle n'est pas médiocre ; ce que nous dépensons-là, nous ne le dépensons pas ailleurs. Pour reprendre une formule de Philippe Séguin : "les caisses sont vides, ce n'est pas pour cela qu'elles sont inépuisables". Voilà qui ne peut que confirmer nos doutes.
- Pourquoi avoir introduit si tard les généralistes dans le dispositif ? Toujours la même réponse : nous voulions les "épargner" et ne pas leur faire supporter à la fois la charge du traitement et la charge de la vaccination. De plus la Ministre évoque une fois de plus la difficulté à vacciner avec les présentations multidoses. Il n'est pourtant que trop évident qu'un médecin doit pouvoir considéré comme capable de réunir dix patients dans la même demi-journée et de déconditionner un flacon de 10 doses...
- Pourquoi n'y a-t-il aucune clarté sur notre politique actuelle de revente des doses et de résiliation-indemnisation des laboratoires ? Même les députés ont appris par la presse (alors que nous auditionnons la Ministre réguliièrement) les démarches qui étaient faites à la fois auprès d'autres pays et auprès des laboratoires. La Ministre a nié que des "compensations" en faveur des labos soit négociée sur des achats ultérieurs d'autres molécules. C'est en effet une grande inquiétude qu'une "avance" puisse être consentie aux labos sur des marchés publics ultérieurs.
Au total : pas de révélation et l'absence de toute remise en question de son action par la Ministre, alors que tout le monde comprendrait que dans la difficulté de gestion d'une crise, il puisse y avoir des erreurs et des points à améliorer.
Mon inquiétude est grande aujourd'hui que les ratés et les points d'ombre qui demeurent impactent fâcheusement l'adhésion des Français aux mesures de santé publique et ne crédibilise les mauvais prophètes qui essaient de les détourner des vaccins.






Commentaires
Ce résumé très clair de l'audition de Bachelot ne fait que confirmer l'impression que non seulement elle mais tous les ministres de la sarkozie donnent: le Parlement est inutile, ne comprend rien, il n'y a que le gouvernement et l'Elysée qui ont la science infuse, qui ne se trompent jamais et qui auraient grand tort de changer leur position d'un iota, quels que soient les arguments et les faits. Cet autisme est insupportable et porte un préjudice grave à l'idée de la démocratie, sans parler des ratés de leurs politiques.
Mais qu'est-ce qu'ils en ont à foutre, ces Bachelot et autres êtres surhumains? Comme le déclare Sarkozy tous les jours: les Français les ont élu, ils jouissent de la confiance absolue du monarque et basta!
Mdame le député ( et chère collègue)
Votre présentation des réponses de Mme BACHELOT est précise, claire et souligne l'impossibilité et/ ou la volonté de notre ministre de ne pas répondre à ces interrogations légitimes
Je diffuse donc ce document autour de moi et dans le milieu assoaciatif ou je me trouve parfois
Cordialement
Merci cher JCFG. Cela me donne l'occasion d'échanger un signe avec vous
tu sais roselyne, on a déjà le trouillomètre à zéro en cas de canicule pour nos ainés cet été, la connerie n'a pas de saison !!
Bon, en élève besogneuse, elle avait appris par coeur ses réponses et a tout recraché sans écouter les questions. Peut-on appeler ça du bachelotage ?
Michèle, permettez-vous que l'on reprenne votre compte-rendu pour le mettre sur un blog, sur Médiapart, par exemple, ou alors sur le blog de ma section PS? Bien entendu, en citant et en donnant le lien source, sans quoi il n'aurait pas de valeur.
Appelons ça se faire l'avocat du diable, MAIS:
À Madame la députée, et au medecin que vous êtes:
Ne trouvez-vous pas quelque peu extraordinaire qu'après un conditonnement pavlovien sur toutes les ondes, si peu de français aient voulu se faire vacciner, et que les évènements leur ont donné raison?
Ensuite, pensez-vous que les positions à l'égard de la vaccination des Professeurs Luc Montagné, Gentilini éminences grises de l'Institut Pasteur (qui ne se sont pas fait vacciné, arguments à l'appui), et dans une moins grande mesure celle de l'urgentiste Patrick Pelloux ne constituent qu'une banale opinion?
Enfin, sans perdre de vue le record du déficit budgétaire de l'état (et de la Sécu), ni la procédure irrationnelle et "illégale" des essais cliniques sur ce vaccin, en tenant VERITABLEMENT compte du sens de l'expression "rapport Bénéfice/coût/risque" relatif à la sémiologie de l'infection au virus de cette grippe, pensez-vous que c'est LE BON SENS et LA RIGUEUR SCIENTIFIQUE qui l'ont emporté dans la gestion de cette grippe?
Quant aux actions que R. Bachelot possède chez un des laboratoires fabricant, on ne pas dire que ça fasse la une des journaux...
Très sincèrement Madame la députée, et à la professionnelle de santé que vous êtes, je trouve (certes exceptionnellement) que vous avez une position franchement clémente.
bonsoir
N'existe t'il pas un site sur lequel nous pourrions signer une petition concernant cette affaire- petition qui pourrait peut être permettre de parvenir à des vérités- ?