Déclaration d'amour au Port de Bordeaux
le dimanche 4 octobre 2009 à 17h21
Titre un tantinet accrocheur, j'en conviens. J'allais écrire sobrement "Bordeaux, grand port maritime" et j'ai pensé que dans l'atmosphère estivale de ce dimanche, je ne risquais guère de rallier par milliers des lecteurs peu soucieux d'entendre parler de fret et de tonnages.
Et puis, c'est vrai : j'aime le port, j'aime ce qu'il représente depuis toujours, j'aime ce qu'il porte d'avenir. Bordeaux est une ville duale, j'oserais presque dire adultère, penchant entre la solidité des chateaux vinicoles, de la terre, des hectares de pins et, à l'opposé, regardant vers le grand large, se souvenant du parfum des épices sur les quais et des poètes qui en faisaient leur miel.
Tout cela, le port l'a reçu en séculaire héritage et le conserve dans son sillage. Mais, ici et maintenant, il est d'abord un pilier économique de notre région, c'est à dire une des clefs de son avenir, des emplois des plus jeunes et de la prospérité de tous demain.
Les Bordelais ne le savent pas assez : le port n'est plus sous leurs yeux comme il l'était autrefois. Ils n'aperçoivent de son activité que les trente bateaux de croisières qui viennent jusqu'à ses quais. Hier soir, du bastingage de cap sciences, nous avons été nombreux à admirer l'un deux, éclatant de blancheur sous le couchant, au creux d'un des admirables arcs de notre fleuve.
Bordeaux est un port éclaté entre 7 terminaux dominés par Ambès et Bassens. Entre le Verdon tout en haut et le coeur de Bordeaux, les kilomètres sont nombreux.
Ce port en forme de constellation est le 6ème port de France. Je dis ça et c'est encore vrai : Bordeaux est pratiquement à égalité avec la Rochelle, et si nous n'y prenons pas garde, si toutes les collectivités, les investisseurs, les industriels de la région n'y prennent garde, il risque un jour d'être dépassé, ou pire encore, d'être déclassé, bouté hors de l'oligarchie des 7 grands ports maritimes de France.
Trois mille emplois directs, quinze mille emplois indirects ; ces deux seuls chiffres attestent de ce rôle de pilier économique que j'évoquais à l'instant. Mais ils ne suffisent pas à exprimer l'incroyable interdépendance du port, de ses accès et de son "hinterland", c'est à dire de l'ensemble de notre tissu économique.
L'avenir du port se trouve à terre et nous y pouvons tous quelque chose.
Tous, le mot n'est pas excessif. Une des clefs de l'avenir du port, est dans l'acceptabilité des projets par les territoires. La longue mésaventure du Port méthanier l'a montré : les projets doivent être expliqués, compris, assortis de garanties environnementales, de contre-parties en terme d'emploi. Le port de Bordeaux dispose de 2500 ha de surface foncière, aménagée ou naturelle. Il est de ce point de vue davantage encore qu'un acteur économique, un artisan de notre géographie économique et sociale.
Tous aussi par l'intermédiaire des grandes collectivités. Le 25 septembre, j'ai pris l'initiative de les réunir pour définir ensemble au jour les axes d'action et de synergie qui pouvaient porter le développement de l'activité portuaire. Autour de la table, étaient réunis les responsables portuaires, les représentants syndicaux, les représentants du Conseil Régional, de la CUB et du Conseil Général où se tenait la réunion.
Nous avons fait oeuvre utile. Après validation du compte-rendu de la réunion par l'ensemble des intervenants, je le mettrai à disposition du public*.
Qui a dit "Qu'il n'y avait pas d' "amour" mais seulement des preuves d'amour" ?
J'espère que la réunion, et surtout ses suites, en constitueront une.
- sur demande par le biais de la rubrique "me contacter






Commentaires
Pas évident en effet de passionner les foules sur un sujet économique. Pourquoi le Port ne fait-il pas lui même une communication plus large auprès des girondins ? Avec des visites des sites, des mini-croisières permettant de les visiter avec des explications ?
Enfin un cri du coeur qui va bien au delà de la simple (et si légitime) profession de foi sentimentale. Il faut des accents authentiques pour convaincre.Que ne le font d'autres élus? Et il plus que temps de tenter de convaincre les Bordelais qu'il y a eu un passé et même une histoire avant JUPPE. Ils sont tous porteurs d'une belle charge.
Disons le simplement, sans emphase: de l'héritage dont ils sont tous co-responsables, même et surtout aujourd'hui.à l'heure où tout le maritime devient, ici, totalement evanescent.
Bordeaux 1er port européen pendant toute la seconde moitié du XVIIIme et cela même en rayant le honteux, l'impardonnable trafic négrier (qui, même à son apogée assez courte, n'a représenté qu'une part secondaire de ce règne). Bordeaux premier port de corsaires loin devant St-MALO quand la course était une activité légale soutenue par la royauté. BORDEAUX premier constructeur de navires durant plus d'un siècle et quels navires! (les voiliers sans conteste les plus rapides de leur époque).Bordeaux premier port morutier de France, il y a seulement 40 ans. BORDEAUX, premiere porte européenne au monde sud- américain il y a seulement 70 ans.
Bordeaux n+unième port mondial aujourd'hui, avec ses 8 milions de tonnes (Marseille 100 millions, Rotterdam 350 milions) Heureusement, la forêt a consenti à se suicider pour remplacer le méthane honni par le bois de nos chers vieux pins abattus...
Mais laissons la nostalgie passéiste La roue tourne toujours dans les destinées des villes comme dans celle des individus.
Mais la mémoire, elle, devrait-elle pas tourner?ou plutôt être enfouie?. Or que voyons nous?
UN Port (le seul en France!) sans aucun musée, sans aucune archive, sans la moindre photo (même dans l'enceinte du P.A.B.Quatre kilomètres de rives sans le moindre peuplement, sans le moindre bateau mouche, sans la moindre coque même ancienne et rouillée.Le jour du départ COLBERT( le musée bordelais le plus visité et de loin) a été salué par toute une population comme une fête locale. Vive le néant. Le vide est sublime.
Ah me direz vous il y a la Fête du Fleuve...Parlons en.
Un seul navire face à 20000 bouches mastiquant quelques sandwichs douteux. La fête à Neu-Neu, comme les guinguettes de NOGENT mais sans l'animation et sans VAN GOGH. Jetons un coup d'oeil ailleurs ou ici: La Fête de l'Armada à ROUEN en 2008, 8 à 10 milliond de visiteurs. La Cutty Sark de Bordeaux: probablement plus de 3 milions
de curieux (c'était il y a19 ans, c'est à dire à plusieurs siècles par rapport à aujourd'hui
Prenez garde Messieurs les responsables de la cité!
Des ravalements de façades, tout le monde peut en faire. Leur donner un sens, une raison d'être, c'est autre chose.
Les lignes de tram? bientôt il y en aura dans chaque village. Encore faut-il qu'elles conduisent quelque part, devant quelque chose.
Et bientôt les derniers paquebots, derniers vestiges d'un passé bimillénaire fuieront, comme la peste, ce futur pont levant dont aucun croisièriste ne veut...etc,etc
Bordelais, attention! Ce qui doit disparaître, disparaitra. Ce qui doit changer, changera.On ne peut pas toujours être et avoir été
Mais une ville sans mémoire est une ville sans passé et donc sans avenir. Quiconque refoule son histoire est appelé à vivre dans l'insignifiant.
Heureusement, il y a Evento qui se pointe pour nous rappeler que nous sommes une grande ville... Soyons donc rassurés, nous sommes dans de grandes mains
Il y des villes qui ont la chance d'être des ports et les autres disait l'ancien maire de Marseille, Gaston Defferre.
J.M.
PS Quand vous étiez conseillère municipale vous aviez eu le culot, je crois me souvenir, de proposer dans je ne sais quelle commission d'urbanisation les noms suivants pour désigner quelques lieux mythiques des quais: Place des Corsaires, Place des Terre-Neuvas, Place des Cap Horniers, place des Longs Courriers...toutes appellations qui font rêver à jamais.. qui sont et qui demeurent le sceau inalienable d'une grand port, le rappel permanent de ce qui a été..Heureusement MM JUPPE et CORAJOUD (l'homme des bains de pieds publics, la marque, couteuse!, des grandes cités "in", sont venus mettre le holà à ces élucubrations insensées.Où aviez vous la tête? Vous devriez en avoir encore honte aujourd'hui...
Cette initiative d'une réunion autour du développement du port est louable. Mais je me questionne.
Puisque le terminal du Verdon est LA réserve foncière, pourquoi la mairie du Verdon ou encore la CdC "Pointe du Médoc" n'était pas conviée ? Développer un territoire ne doit-il pas se faire en accord avec les élus locaux ?!
Avec des élus locaux qui ont clairement affiché que le développement pour eux c'est une monoculture touristique?
Tout es dit, et cela n'aurait que peu de sens de discuter avec eux d'un développement économique durable et véritable.
Le problème de l'ignorance que Le Verdon ne fait seulement partie des emprises du GPM de Bordeaux, mais aussi d'un Estuaire avec deux rives et un projet de zone protégée refait donc surface .
Ne pas inclure cet aspect dans de nouveaux projets industriels est une faute majeure .
Le GPMB et l’abandon du projet de terminal méthanier au Verdon
Les opposants au projet de terminal méthanier sur le site portuaire du Verdon remercient la députée de Bordeaux, Michèle Delaunay, de sa forte contribution (malgré elle), apportée à l'abandon de ce projet industrialo-portuaire.
En effet, votre victoire face à A. Juppé aux dernières élections législatives, a eu pour conséquence la démission de celui-ci de son poste de Ministre d'Etat, ministre de l’Environnement et du Développement Durable (MEDDAT) dont dépend le Secrétariat d'Etat aux transports, ministère de tutelle des Grands Ports Maritimes.
Vous avez ainsi supprimé au Port de Bordeaux son « atout majeur » , pour défendre coûte que coûte son ultime projet de justification du maintien du port en eau profonde du site du Verdon.
Si A. Juppé, Maire de Bordeaux, dont le soutien au projet du GPMB a été fermement déclaré, serait resté Ministre du Développement Durable, l’issue de sa bataille politique avec D. Bussereau sur la prolongation ou non de la convention de réservation de terrain accordée par le GPMB de façon très contestable à 4GAS, se serait sans doute déroulée différemment !!!
Mais rassurez-vous, si le projet 4GAS avait réussi à franchir à sa deuxième tentative, l’étape de recevabilité de ses dossiers de Demande d’Autorisation d’Exploiter et de demande de Permis de Construire, les arguments des opposants étaient suffisamment nombreux et forts pour y faire échec lors de l’enquête publique.
Disons seulement que D. Bussereau a fait gagner beaucoup de temps et d’argent aux porteurs de ce projet industrialo-portuaire inadapté à l’environnement du site du Verdon ; il a également permis au gouvernement, une mise en application pratique des conclusions du Grenelles de l’environnement…les intérêts particuliers ne peuvent plus ignorer l’impact environnemental de leurs projets…sans oublier la prise en compte de l’impact sur les activités économiques traditionnelles locales !
Espérons que ce cas exemplaire sera retenu et compris par tous nos décideurs politico-économiques … et de ceux qui ont la nostalgie du passé portuaire du port de Bordeaux!!!
Belle mascarade que cette réunion du 25 septembre 2009 organisée par Michèle Delaunay, portant sur « la définition des axes d’action et de synergie pouvant porter le développement de l’activité portuaire ». Il est temps en effet de s’y intéresser…
Savait-elle que le GPMB a validé son « projet stratégique de développement » il y a seulement 5 mois (avril 2009) ?
Avait-elle seulement pris connaissance de ce document, élaboré par le Directoire du GPMB, présenté pour avis aux structures de gouvernance du port comptant comme membres les mêmes que ceux conviés par Michèle Delaunay le 25 septembre.
Il serait intéressant de comparer les deux projets !
Lequel des deux est le bon, le plus réaliste, et le mieux étudié?
Mais attendons le troisième projet avant de faire son choix, celui qui sera présenté par le cabinet conseil que D. Bussereau a promis au GPMB pour chercher un projet alternatif au terminal méthanier ?
Le GPMB n’a pas besoin d’amour… il faut seulement lui dire de se mettre au travail en abandonnant son arrogance et sa suffisance qui datent du temps de sa splendeur… il y a très longtemps… !!! Même le GPMB doit maintenant respecter les réglementations et prendre en compte son environnement naturel et économique …et ne pas oublier qu’un estuaire est constitué de deux rives …et qu’il faut également tenir compte de la rive d’en face …sous peine de nouveaux déboires!
Bonjour Camarade, ou dois-je dire plutôt Mme la Députée ?
Au sujet de la réunion du 25/9/09, je suis vraiment déçu par tes réponses faites à un intervenant ci dessus.
Lorsque je te vois répondre : "Avec des élus locaux qui ont clairement affiché que le développement pour eux c'est une monoculture touristique? Tout es dit, et cela n'aurait que peu de sens de discuter avec eux d'un développement économique durable et véritable.", je ne sais pas si je dois t'appeler camarade !
Car ne pas inviter les élus et associations concerné par le secteur du Verdon, cela n'est pas très digne, mais de plus je n'ai même pas vu le nom de Pascal GOT, Député du Médoc, dans tes invités du 25/9 ?
Il me semble qu'elle y est belle et bien parti prenante, et que elle aussi, elle s'est prononcée contre le Projet de Terminal Méthanier, tout comme le Conseil Régional et le Conseil Général de la Gironde !!!
De plus il me semble qu’elle se défend plutôt bien pour faire avancer les choses en Médoc ! Pourquoi donc, une collègue Députée Socialiste l’a laisse de coté ?
Donc, je pense que nos élus, et de gauche en particulier, tel que Vincent, Gilles et toi-même, devraient bien réfléchir avant de vous lancer dans des déclarations.
N'oubliez pas que vous êtes les élus du "Peuple". Donc il serait bien de tenir compte de son avis ... au petit peuple !
Merci et à bientôt de te lire, mais avec d'autres façons.
Jean, Militant Socialiste Médocain