vendredi 27 janvier 2012

Merci, tout simlement

Disons-le honnêtement : les Bordelais qui cotoyent Juppé, connaissent son arrogance, sa manière d'administrer chaque parole comme une leçon et de ne jamais écouter jusqu'au bout celui qu'il sait ne pas être dans la révérence à son égard, n'étaient pas sans un peu d'inquiétude du débat en face de François Hollande.

Juppé fut tel que prévisible mais Hollande fut souverain, allant jusqu'à utiliser cette même phrase: "Oui, je sais, M Juppé, c'est difficile pour vous d'écouter jusqu'au bout..", usant après une démonstration implacable, avec son sourire si naturel, d'un brin d'humour: "Non, M Juppé, ne perdez pas tout espoir, votre candidat n'est pas encore déclaré..."

Copé sur Europe 1 ce matin, décidément bien mal inspiré, comme Juppé hier, taxe Hollande d' "arrogance". Venant de ces deux maîtres en la matière, cela résume d'un mot la malhonnêteté et l'impudence de l'ump. Plus c'est gros, plus ça passe : nous sommes depuis 5 ans sous ce régime.

Juppé a paru marquer des points à deux moments. Quand il a pointé la formule très sarkozienne de Hollande lors de son discours du Bourget: "Je n'accepte pas que le yuan soit une monnaie inconvertible". Répétée en boucle par le Président de la République, elle est risible au regard de ses résultats. Elle ne convient pas à Hollande et pouvait légitimement lui demander comment il ferait. De même quand Juppé a demandé comment Hollande convaincrait la chancelière allemande. Hollande a expliqué son approche mais surtout conclu: "N'imposez pas à vos successeurs de ne pas réussir là où vous avez échoué". Et encore : "Je préfère le rapport de force à la soumission".

Lui "qui ne suscite jamais le conflit" et qui "tente de le résoudre quand il survient", a montré sa différence face aux matamores umpistes qui "déclarent la guerre" à tout bout de champ depuis 5 ans et battent en retraite le même nombre de fois.

Quelle leçon de débat ! Trois heures sans une faute, sans une maladresse que l'on pourrait repasser en boucle dans les médias. Je saurai voir et revoir ce débat pour de prochains matchs.

Merci, merci tout simplement à François Hollande, d'être si souverain à porter notre projet.

mercredi 25 janvier 2012

Généreux, mais pas que

Aujourd'hui à l'Assemblée la discussion de la proposition de loi ump sur le don de RTT par les salariés en cas de maladie de l'enfant d'un de ses collègues.

Idée généreuse, mais... Peut-être pas que cela. Tout d'abord, cette possibilité existe déjà en pratique. L'inscrire dans la loi risque de faire peser sur les salariés une sorte de devoir et d'être vécue comme culpabilisant pour celui qui, pour des raisons lui appartenant, n'y serait pas spontanément porté. Ou tout simplement qui accepterait de faire le travail de son collègue en son absence -ou d'en partager la charge à 3 ou 4- mais ne verrait pas la raison, en plus, que cela soit imputé sur ses RTT.

J'ai pu à bien des reprises avoir le témoignage de la solidarité des collègues de travail qui s'arrangent, se dévouent, se démultiplient pour que le parent d'un malade grave puisse s'absenter sans que cela retentisse sur l'activité de l'entreprise, du service ou toute autre forme de collectivité professionnelle. D'ailleurs bien souvent aussi de la solidarité des employeurs qui, informés de la situation, font des facilités à celui qui est touché par une épreuve dont il sait bien qu'elle pourrait aussi le toucher.

Désormais, ces "arrangements" seront à coût nul pour l'employeur (qui récupérera les RTT) mais à coût double pour les salariés qui devront quoi qu'il arrive éponger le surcroît de travail et verront en plus leurs RTT amputées.

Car en effet, et c'est là que le bât blesse, cet appel à la solidarité, tel que l'on présente la loi, ne concerne que les salariés et exempte l'employeur du même mouvement.

C'est ce que j'ai évoqué ce matin lors de la réunion de notre groupe parlementaire et la décision a été prise de nous abstenir sur le texte. Pas question en effet de s'opposer à ce qui n'a pas obligatoirement les sous-entendus que j'évoque, pas question non plus d'y souscrire sans réserve.

Et puis, reconnaissons-nous un petit plaisir : quel bel hommage de la droite aux 35 h et à la possibilité qu'elles ont dégagée d'avoir des RTT ! Sans cela, pas de question à se poser, pas de facilité donnée par la loi à ceux qui traversent une épreuve. En un mot, l'ump est devenue aubriste !

mardi 24 janvier 2012

Le pédalo a changé de camp

De sommet en sommet, européen ou social, le vrai-faux candidat de l’ump continue de s’enfoncer. L’ump, le grand parti unique, « un parti, un chef » de la victoire de 2007, de fracture en factures, s’effrite avant peut-être d’exploser. Force est de constater que le pédalo a changé de camp et que le capitaine lui-même prend l’eau.

Nicolas Sarkozy le doit autant à sa politique qu’à sa personne, ce qui est beaucoup. Sur le terrain, tous, confessent « qu’ils ne peuvent plus l’écouter » et il est spectaculaire en effet de comparer le jeune candidat d’il y a cinq ans au Président à la voix pleine de craie qui veut rassurer, bénir, s’apitoyer, quand au contraire il met automatiquement sur ses gardes celui qui l’écoute.

Où cela va-t-il et d’abord à droite ? Déjà les Ministres se précipitent moins nombreux sur le recyclage parlementaire. Même cela n’est plus si sûr et Guéant fait l’expérience dans les Hauts-de-Seine, terre ou normalement les désignations valent nomination, d’un accueil plutôt frais. Putsch ou politique du pire ? Les quadras et les quinquas de l’ump jouent à fond 2017, ceux pour qui c’est au contraire la session de septembre attendent en se coalisant pour ramasser l’ump demain s’ils ne parviennent aujourd’hui pas à imposer la relève.

Pour nous, ce n’est pas si drôle qu’il y pourrait paraître. Un rejet aussi radical ne va jamais sans aggraver la désaffection de la politique et favoriser le refuge dans un extrémisme du pire. Rien ne serait plus mauvais pour Hollande –c’est à dire pour nous tous- que d’être élu par défaut et pour en finir avec ces cinq ans où Charybde le dispute chaque jour davantage à Scylla.

La situation économique, financière, morale du pays est telle qu’il ne peut plus être gouverné qu’avec une forte adhésion des Français. Exemplarité absolue, voire excessive c’est à dire élargie à des mesures symboliques (par ex réduction des indemnités des parlementaires et transparence de leurs frais de fonctionnement) démontrant que ceux qui vont monter aux affaires y vont d’abord pour l’honneur d’être de ceux qui vont reconstruire le pays ; programme lisible dont l’inspiration et les valeurs soient claires pour tous, proximité et simplicité de comportement des élus, valorisation des valeurs culturelles, éducatives et des performances que l’on mesure à une autre aune que le positionnement sur le mercato des salaires. Attention, nous sommes tous responsables et tous doivent se demander ce qu’il peuvent faire pour la République. C’est connu : on a la politique qu’on mérite et ce sera vrai pour notre gouvernance demain.

Pourquoi le discours de Hollande a-t-il convaincu les Français et paralysé l’ump jusque dans le petit cénacle de sa cellule riposte ? Parce que tout cela y était perceptible et que la sincérité, l’engagement de celui qui l’exprimait l’étaient aussi.

Merci à lui. Bravo à nous si nous parvenons chaque jour de ces quatre mois à montrer que "oui, c’est possible", que le moral, la combativité, la confiance peuvent être rendus aux Français.

dimanche 22 janvier 2012

Hollande 2012

Dans mon billet juste précédent, j'exprimais que la qualité d'un discours se mesurait à l'aune de la force qu'il donnait à ceux auxquels il était destiné. Le discours de François Hollande au Bourget, de ce point de vue comme de tous les autres, est alors de tout premier niveau.

Peu de politiques, de gauche comme de droite, ont cette force de donner de la force. C'est une qualité essentielle, c'est une qualité exceptionnelle. Et dont le fondement, très simple, est peut-être d'être soi-même et d'être auteur en même temps que porteur du discours.

Après un "brain storming" avec son équipe la plus proche, François Hollande a écrit lui-même ce discours, de la fibre dont il est construit, de la main qui est la sienne. Il ne pouvait en être autrement de sa part. A La Rochelle, sur le terrain, je l'ai écouté maintes fois : jamais il n'a été autrement. Pas toujours peut-être à ce niveau exceptionnel du Bourget, mais toujours si généreux de lui-même que cet élan qui ne tient pas qu'au choix des mots ni à la force de la langue se transmettait à ceux qui l'écoutaient.

"L'homme politique le plus doué de sa génération". Les mots sont de Ségolène Royal et ils sont vrais. Qualités humaines, attention à l'autre, courage, détermination, et en plus de cela intelligence, vive, pétillante, joyeuse, amicale, François est doué, doté. L'intelligence, que j'ai placée en dernier, n'est qu'un outil au service des qualités placées avant elles, mais reconnaissons que quand elle manque, le cerveau, ce spectateur pincé dès qu'il n'est plus acteur, a du mal à adhérer.

François a tout cela et le discours du Bourget vient une fois de plus de nous le montrer. Amical, selon sa nature, magistral selon la mission qu'il s'est assignée. J'ose à peine dire : comparez avec la lecture des discours de Guaino par Sarkozy. La voix, le stimulus d'être en haut de l'affiche, ont un instant (trop long) fait illusion. La voix, le parler, se sont "remplis de craie" comme disent les Allemands parlant du grand méchant loup voulant séduire le petit chaperon rouge et plus personne ne trouve ni plaisir, ni force à écouter Sarkozy. Mais ce n'est déjà plus la question.

Un petit amusement pourtant : imaginer, en ce moment même, la cellule riposte de l'Elysée plancher sur les éléments de langage à distribuer aux Ministres, aux élus et jusqu'aux préfets pour dénigrer le discours de Hollande. Heureusement, la plupart de ceux- là sont déjà chauves.

La question n'est pas non plus : François peut-il gagner ? Elle est aujourd'hui une affirmation : il doit gagner. Lui seul, lui seul peut rendre palpable ce désir, cette exigence de nous mobiliser tous pour reconstruire notre pays, lui faire retrouver, non le rêve (je suis des grincheux qui ont critiqué le mot), mais la force de prendre chacun notre part de responsabilité pour redonner toute sa grandeur, non seulement à la fonction présidentielle, mais au rôle de chacun de nous.

Abbé Pierre : cinq ans déjà

Sur le perron de la cathédrale de Paris, où tous les gens influents de France étaient réunis pour se recueillir après la mort de l'abbé Pierre, un de ceux qu'il avait choisi pour compagnon a eu, devant les caméras, ces paroles :
- "je ne suis pas très croyant, surtout du côté de la religion.. Mais là où il est, j'espère qu'il est bien"

Une anecdote parmi d'autres, ce matin dans une atmosphère de petit gris, tristounette et pluvieuse, comme novembre normalement s'en réserve l'exclusivité. Ce "je ne suis pas très croyant, surtout du côté de la religion" est une parole admirable que chacun mériterait de méditer et que quelques uns- dont moi- partagent sans s'en réjouïr.

La grande force de l'abbé Pierre fut de les réunir, sans distinction d'aucune sorte avec ceux qui croyaient en Dieu comme avec ceux qui n'y croyaient pas, en un mouvement inqualifiable autrement que par le mot de "fraternel". La grande qualité des paroles du Président d'Emmaüs Gironde, Pascal Laffargue fut d'en restituer la force, la générosité, le bouillonement, la spiritualité en même temps que l'intelligence irrévérencieuse et taquine. Je me fais une régle de mesurer la qualité d'un discours à une seule aune : ceux qui l'ont écouté en ressortent-ils plus forts, mieux armés, mieux assurés dans le meilleur de ce qu'ils croient, qu'ils y sont entrés ? A cette aune, le discours de Pascal était un grand discours.

Les paroles de "l'abbé" y servaient de pierre blanche, non comme des citations, mais comme des paroles structurantes de la pensée de celui qui les prononçait. Cinq bougies venaient d'être allumées à côté du pupitre, tout le monde était en cercle, sous une tente, quelque part dans le quartier de Baccalan dans un décor un brin sinistre de hangars squattés et de friches industrielles, mais avec le rassurement tout proche des "chalets d'Emmanüs" à disposition des SDF.

"Pas de fleur ni de couronne, apportez-moi la liste de ceux auxquels vous aurez donné les clefs d'un logement" avait dit l'abbé avant de mourir. Plusieurs de ceux qui étaient présents auraient pu donner leur liste, et en particulier Phillippe Madrelle qui a pris la parole ensuite et qui a choisi de financer hors des compétences du Conseil Général et indépendamment des difficultés financières de notre collectivité le logement des plus pauvres et des plus précaires. La flagornerie n'est pas mon fort, mais je tiens à lui en rendre l'hommage.

D'autres discours et en particulier celui du Préfet Patrick Stefanini, homme talentueux et à l'évidence formidable travailleur. Sa comparaison de son prédécesseur Dominique Schimitt à l'abbé Pierre a paru à tous un peu osée, voire un tantinet déraisonnable, mais c'est une fois encore, la confusion entre l'Etat et le Gouvernement, le service de l'un et la promotion de l'autre qui m'interroge et qui demeurera la marque de la période sarkozienne.

"Maintenant, il sait et nous ne savons rien" disait tout à l'heure Pascal en parlant de l'abbé.

Mais au moins, nous cherchons..

vendredi 20 janvier 2012

Afghanistan : l'année de trop

Depuis des mois, avec l'ensemble des députés socialistes, nous dénonçons l' "année de trop" de notre présence en Afghanistan. Lors du débat sur le sujet à l'Assemblée, nous avons demandé l'anticipation du retrait (2014 n'est pas tenable) sans être entendus.

Malheureusement et une fois encore, les faits, les chiffres nous donnent raison. Vingt-huit morts en cette seule dernière année, dont 4 ce matin, 4 qui ont été littéralement assassinés par un soldat Afghan qui s'entrainait avec eux. Vingt-huit morts sur un total de 82 depuis le début de notre engagement il y a dix ans. L'accélération de ces drames, où ne sont pas comptés les blessés graves, suffit à la démonstration de cette année de trop. La situation s'aggrave au lieu de s'apaiser, la guerre civile gagne et notre place est-elle dans une guerre civile ?

Notre candidat se positionne en tant que candidat après l'avoir fait en tant que député. Il demande un retrait total avant la fin 2012. Rien d'autre n'est envisageable, ne serait-ce que pour respecter l'engagement de chacun de nos soldats. Ils ont accepté de mourir pour la France, ils n'ont pas accepté de mourir pour rien.

jeudi 19 janvier 2012

GALETTE CANTONALE - VENDREDI 20 JANVIER 18H30 - CANTON GRAND PARC/JARDIN PUBLIC

Je vous convie à venir partager ma traditionnelle galette cantonale le vendredi 20 janvier à 18h30 à la Mairie annexe du Grand Parc. En présence d'élus Bordelais.

Venez nombreux !

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Brève de campagne

Les périodes électorales ont du bon ! Un grand barnum de nettoyage se déploye dans les rues de Bordeaux, qui en avaient en effet grand besoin.

Remarquez, ce n'est pas nouveau : le grand Potemkine le faisait déjà en Russie sous Catherine II. Pour autant, n'hésitez pas à faire repeindre vos portes si elles ont petit tag, ou nettoyer vos murs : rien ne se passera plus avant 2014.

dimanche 15 janvier 2012

Retrouver le sens et la valeur du travail

Comment après 5 ans de sarkozysme retrouver le sens et la valeur du travail ? Comment, après ce détestable "travailler plus pour gagner plus" montrer que si le salaire doit bien être la juste contre-partie du travail, il n'en est pas la finalité, moins encore le seul objet ?

Cette formule a irrité, mais davantage encore parce qu'elle n'a pas été suivie d'une efficacité quelconque, se réduisant souvent à "travailler autant pour gagner moins", que parce qu'elle était l'expression profonde d'un monde qui n'a fait du travail qu'une source de profit. Pire encore, qui a fait du travail des uns une source de profit pour les autres. Dans les cours d'éducation civique que l'on a réintroduits à l'école, parle-t-on de la valeur de partage, de formation et de progression personnelle du travail ? Y a-t-il un professeur pour avoir osé démonter le slogan sarkozien et en faire percevoir l'a-moralité et la dangerosité ?

Mon domaine, dans l'équipe de François Hollande, aux côtés d'Alain Vidalies porte dans l'organigramme la dénomination de "souffrance au travail" et c'est pour moi une première interrogation que le mot tout de suite associé à "travail" soit "souffrance", même si bien évidemment notre objet est de renverser le paradigme qui a mené à cela.

Les facteurs de notre rapport au travail sont multiples et on peut les réunir dans l'expression, bien peu enjôlante, de "conditions de travail". Si peu enjôlante, qu'elle fait partie sans doute des raisons qui ont fait que nous, la gauche, nous l'avons trop longtemps délaissée au profit du temps de travail. Cela me parait plus que jamais une faute. Parler du seul temps de travail a élargi l'écart entre les salariés et les non-salariés et à éloigné de nous nombre de "travailleurs", au premier rang desquels les artisans dans leur immense variété qui se sont sentis oubliés et dévalorisés.

Quels sont ces facteurs ? Je serais éminemment curieuse que chacun fasse "sa" liste. Les mots venant les premiers, la hiérarchie entre eux montrerait que nous ne souffrons pas tous des mêmes difficultés. Le travail est divers, diversement exercé, diversement mesuré, et nous n'avons pas sur lui la même prise. Ce point n'est d'ailleurs pas mineur : aucun travail ne doit être totalement subi et chacun doit pouvoir, pour lui-même, en améliorer et en moduler l'éxercice et la répartition dans son temps de vie.

Dialogue social, possibilité de s'exprimer et d'être entendu, sécurisation des parcours professionnels, évolution des carrières, prévention de la pénibilité (et pas seulement réparation), lieux et outils de travail, tant d'autres paramêtres qui font que, jour après jour, nous allons ou non au travail avec plaisir, que nous avons envie ou non, que nous pouvons ou non, y être à notre meilleur et y progresser.

Le domaine est éminemment transversal, complexe et il n'est pas évident de dégager des procédures que l'on puisse accepter et partager et qui ne soient pas que des contraintes pour les uns, susceptibles au contraire de tendre les relations de travail. Chacun, dans une nouvelle règle, dans un nouveau dispositif, devrait avoir à y gagner et pouvoir en comprendre la finalité.

Ceci étant posé, tout reste à faire. Et d'abord évaluer ce bien ou mal-être au travail, sans attendre les incroyables échecs que sont les suicides au travail, le stress, l'absentéïsme, les arrêts de travail pour dépression dont on sait qu'ils montent en flêche, et tout ce que l'on réunit sous le terme peu clair de "risques" ou "dommages psycho-sociaux". Ces troubles sont aujourd'hui la maladie professionnelle dominante, non que les autres (ô combien !) aient disparues, mais elles sont mieux connues, mieux cernées et globalement mieux combattues.

Autre point : parvenir à démontrer que tout le monde à intérêt à cette meilleure qualité des conditions de vie au travail. Elles ont été bien souvent sacrifiées au nom de la productivité et de la performance et l'on ne s'aperçoit qu'aujourd'hui que la performance y a perdu. Il y a eu dans les hôpitaux une période -qui n'est pas finie- où une bonne part de notre activité a été engloutie dans la mise en place de règles et d'objectifs réunis sous la dénomination encourageante de "démarche qualité". Des postes d'évaluateurs ont été crées là où il aurait beaucoup plus utile d'augmenter le nombre d'aides-soignantes pour que le travail soit mieux partagé et la disponibilité plus grande auprès des malades.

Voilà quelques éléments posés. J'aimerais parvenir à les développer en propositions, mais c'est d'abord un changement d'attitude de tous les acteurs et de l'ensemble des partenaires sociaux qu'il faut susciter. J'ai toujours essayé avec ceux qui étaient amenés à travailler avec moi de leur faire percevoir et partager que le travail est quelque chose que l'on peut aimer et qu'il ne faut jamais le décliner sur un mode négatif. Je m'aperçois chaque jour que c'est de plus en plus difficile.

Pourquoi ? Il est notre place dans la société, le mode le plus noble d'échange entre nous (je te soigne, je répare ta voiture, tu me fournis des fruits et des légumes, je refais ton toit...). Pourquoi, en plus de la raréfaction de l'emploi, ne savons-nous plus percevoir comme essentiel à notre équilibre le sens et la valeur du travail quotidien ?

samedi 14 janvier 2012

Brève d'Assemblée

Alain Vidalies : "Un million de chômeurs et 600 milliards de dettes en plus, perte du AAA, ce n'est plus un bilan, c'est un dépôt de bilan".

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