Jovialitude

Dans ma lecture extensive des journaux ce matin (toute une pile restait en rade des semaines précédentes), parmi plusieurs joyeusetés, dont l’angélique évoquée dans le billet précédent, une autre perle m’attendait.

Azouz Begag qui vient de quitter le gouvernement pour soutenir François Bayrou, rend compte dans un ouvrage des amabilités que lui a réservées Nicolas Sarkozy, à la suite de ses commentaires peu enthousiaste des « racailles », comme du « ministère de l’immigration et de l’identité nationale » : – « Espèce de conard, je te casserai la gueule… ».

Je résume à l’essentiel, le texte entier ne mérite pas relation. Comment Azouz Begag peut-il s’émouvoir d’un mot , »conard », dont Alain Juppé lui-même, quand il en a gratifié Gilles Savary, a expliqué que c’était un mot Gascon, fréquemment utilisé dans nos contrées pour manifester la camaraderie, et quasiment l’affection.

On s’étonne qu’Azouz Begag, pourtant méditerranéen d’origine, reste insensible à cette jovialitude UMP qu’Alain Juppé comme Sarkozy portent à son meilleur.

« Projet d’espoir »

A la course entre la CUB et mon service, je croise dans la vitrine du point H de l’hôpital, le livre de François Bayrou, avantageusement exposé.

Son titre « Projet d’espoir » est décalqué mot contre mot sur « désirs d’avenir ». Il est au demeurant bien peu inspiré, et même fautif : l’espoir ne peut faire l’objet d’un projet. Seule sa réalisation relève de cette démarche.

Bayrou, pourtant bon connaisseur du français, a dû comprendre que la réalisation risquait fort la panne en rase campagne.

micro-billet

Un week-end tout en micro-billets. Je crains que le programme « full campaign » de ce week-end ne me laisse guère le loisir d’autre chose. Il est amusant de noter à ce propos que l’anglais ne connait pas la jolie confusion de mots entre la campagne électorale (« campaign ») et la verte campagne (« country »). Un week-end full country est en ce moment de l’ordre des ambitions inatteignables !

Le micro-billet est comme le micro-crédit : dans un cas l’absence de temps, dans l’autre l’absence de fonds..

Petit bavardage sans importance. Il m’est pourtant une consolation. Sarkozy pense à la présidence de la République en se rasant (à vrai dire tout le temps), en faisant à la hâte les choses de la vie, des mots me passent dans la tête, qui appellent de petites idées qui ne se fixent que si on les écrit.

Ce sont bien souvent les mots qui appellent les idées, et non le contraire. C’est pour ça qu’il faut les préserver, les garder dans leur variété et leurs finesses de sens. C’est pour ça que nos langues (dont personne ne parle dans aucune campagne, et jusque dans la constitution européenne, pourtant si concernée par la pluralité linguistique) sont si importantes.

Brève

Il fait clair. Le soleil donne de nouveau des signes timides de sa venue.
La dernière année de sa vie, avec Dora Dymant, une jeune fille issue d’un shtetl polonais, Kakfa rêvait de tenir un restaurant à Tel Aviv. Il serait serveur, elle cuisinière…

Kafka est mort moins d’un an plus tard.

Comme les matins sont quelquefois inquiets.


Sarkozy désavoue de Robien

Nicolas Sarkozy annonce ce matin que, s’il est élu, il abrogera le décret de Robien sur l’enseignement qui vient d’être pris par son gouvernement. Un gouvernement où contre toute éthique il est toujours ministre de l’intérieur.

Le courage et la loyauté sont les premières d’un homme politique. Cette seule annonce disqualifie Nicolas Sarkozy. Que fait-il dans un gouvernement dont il se désolidarise ? Qui est-il pour désavouer Gilles de Robien, membre UDF de ce gouvernement, s’étant engagé quant à lui en faveur du candidat de l’UMP.

L’intelligence n’est qu’un outil. Tous les candidats en sont raisonnablement pourvus et c’est bien le minimum exigible. Le caractère au contraire est essentiel pour qualifier ou disqualifier quelqu’un pour une fonction qui, obligatoirement, comprendra plus d’épreuves que de facilités.

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