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douce nuit (nuit du 24 au 25 aout)

Même le big bang se féminise. Umberto Eco dans son dernier livre se fait l’ écho d’une « cosmologie féministe », sans doute assez facétieuse, qui remplace « la métaphore machiste et éjaculatoire » du big bang par la théorie du « Gentle Nurturing », selon laquelle la naissance de l’univers fait suite à une longue et douce gestation..

Rassurant, finalement, sur tous les points ! Imaginons un Sarkozy adouci, qui ne parlerait pas de « racaille » mais de « petits sauvageons » comme le fit Chevènement en son temps, un Juppé qui ne serait plus « droit dans ses bottes » mais, comme moi, « bien dans ses ballerines » (malheureusement, il n’est plus l’un et il ne sera jamais l’autre) …

C’est encore l’été, il fait nuit. On peut rêver...

Femme libre (mercredi 23 aout 2006)

Et maintenant, je sais ce que je veux , je sais ce que je vaux. Bon, d’accord, pas devant l’éternité, pas devant un Saint Pierre laïc qui me demandera « Qu’est-ce que t’as fait de ta vie ? », mais devant un auxiliaire (au demeurant hiérarchiquement modeste) s’occupant des élections municipales de Bordeaux. Je ne suis pas sûre que ce soit un job brillant au regard des problèmes du monde, mais c’est un job comme un autre , et en tout cas c’en est un qui nous concerne.

Pourquoi je dis ça : interviewée tout à l’heure par Fr3, j’ai été proprement géniale (troisième degré de rigueur), expliquant combien cette élection municipale anticipée était « tout sauf un exemple » dans une période décisive, un tournant du monde, où l’exemplarité est une exigence conditionnelle au regard de la gravité des enjeux et du risque que les citoyens se détournent définitivement de la politique. Ou nous gardons cette rigueur comme critère, ou nous allons nous coucher, bien gentiment, à suivre les lois du marché et de la promotion médiatique…

Résultat de cette intervention « brève mais géniale », où j’avais produit, très précisément, les quarantes secondes demandées en deux mini-pavés de 20 secondes : – trente secondes environ à Pierre Hurmic , – six à sept secondes pour le PS (en l’occurrence ma pomme, même pas la première moitié de ma première phrase) et une minute entière pour des images « people » d’Alain et Isabelle Juppé ; aux Capucins, choix d’interviews favorables ou neutres alors que je sais (et je m’engage sur ce que je dis) que les autres, les défavorables, les rejets de ce retour scandaleux, ont été majoritaires.

Je me suis promise que ce blog ne serait jamais grincheux ou grognassou après le moindre petit événement. Je le promets toujours, mais enfin, amis, frères humains, qui trouvez qu’une ville n’est jamais trop libre, l’horizon jamais trop large et la parole jamais trop fière, eh bien, je vous le dis, ça va pas, on peut plus continuer comme ça ! C’est de démocratie qu’il est question !

Nous sommes tous des humains, égaux et libres, pas des animaux nourris de picotin. Ayons de la force, soyons beaux, soyons fiers, travaillons comme des féroces. On est les meilleurs !

minimes (mardi 22 aout 2006)

Un mien compagnon de route m’assène ce matin, avec toute l’entièreté de son jeune âge « je suis surchargé de travail. Je ne veux rien faire qui ne soit sûr d’aboutir ! ».

Belle assurance.

A son âge à peu près, j’avais comme précepte « ne rien faire de ce qui peut être fait par quelqu’un d’autre. Faire au mieux ce que personne ne peut faire à ma place » . Ou une version adoucie : « ce que je peux faire mieux que la plupart des autres ». ça n’a l’air de rien, mais c’est terriblement casse-pieds et terriblement exigeant. Aux autres, tout ce qu’on fait plus ou moins sans y penser, en ayant l’impression de travailler mais sans travailler vraiment. Pour sa pomme, ce qui demande le plus d’efforts et qui est souvent le plus rébarbatif.

L’âge aidant, j’y reviens, le temps pressant de plus en plus, j’ai évolué : « ne rien faire qui ne soit utile ou agréable à quelqu’un, y compris éventuellement à soi ». Pas mal de réunions qui ne servent à rien et ne font plaisir à personne devraient automatiquement passer à la trappe, et pourtant on va à beaucoup d’entre elles… C’est péché plus ou moins véniel. Ce qui ne l’est pas, c’est de ne pas se poser la question de l’utilité de ce que l’on fait, et je dirais même, de sa propre utilité en le faisant, de ce qu’on apporte de spécifique.

Pourquoi je parle de ça, qui est quand même assez rébarbatif . Disons-le simplement : c’est dans la perspective de l’élection municipale de Bordeaux. Je crois savoir ce que je peux y apporter. Pas mal d’heures de mes courtes vacances ont passé à mettre des idées sur papier. Ce que je sais encore plus, c’est que dans cette élection formidablement difficile, il faut peser chaque réponse à l’aune de l’intérêt de notre groupe politique et de l’intérêt général. Plus que jamais dans cette période ou, en quelques mois, le pays va décider de son avenir, et je l’espère décider d’ en changer.

L’écrivain Claude Roy, homme engagé et cher à mon coeur, appelait ces petits préceptes qui aident à vivre des « minimes » au lieu de « maximes » ; C’est pour lui faire un signe là où il est que j’ai choisi ce mot en titre.

Big Mac, big difference

Tout le monde s’énerve à définir de nouveaux parametres économiques. Le « Big Mac » a au moins le mérite de l’originalité et de .. l’universalité puisqu’il est consommé sur les cinq continents. Une enquête récente mesurant les prix des biens de consommation et des services relativement au niveau des salaires utilise donc ce Big Mac et ses tranches empilées de viande, d’oignon, de fromage et de pain mollasson. Les résultats sont éloquents. Un big mac équivaut à 11 minutes de travail* à Los Angeles, vingt et une à paris et à stockholm… et à une heure et demi à Nairobi et à Bogota, soit un écart de près de un à 10 !

(*le calcul est fait relativement au salaire horaire moyen d’un échantillon de 14 professions)

Les bourgeois de Calais (samedi 19 aout 2006)

On connaît l’histoire. Quelque part en ce début de XIVe siècle, le gouvernement de Philippe VI battait de l’aile. Le roi humilié par de récentes défaites n’était guère capable de prochaines victoires. Edward VI d’Angleterre se dit qu’il avait besoin d’un grand port pour reprendre position en France et assurer son avancée vers le pouvoir en ce pays. Il mit le siège devant Calais, sommant finalement le maire et les bourgeois de la place de démissionner de leurs charges et de lui amener, en chemise, les clefs de la ville…

C’est dans ce souvenir qu’à plusieurs reprises, Hugues Martin a assuré qu’il rendrait les clefs à Alain Juppé quand celui-ci les demanderait. Changeons Philippe pour Jacques, Edward pour Alain et l’Angleterre pour le Québec, et tout colle ! Sauf la suite, rien, juste un oubli : les Bordelais ont encore à s’exprimer !