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Etre un laboratoire d’idées (19)

Je voudrais développer chaque jour quelques-uns des éléments qui me paraissent importants pour notre action à Bordeaux.

Le premier : être un laboratoire d’idées

Je vais commencer bien modestement et concrètement : devant chaque événement, devant chaque problème, grand ou petit, c’est une bonne règle de se demander : qu’est-ce qui ne va pas ? pourquoi ça ne va pas ? que puis-je y faire 1- en tant que groupe 2- à titre personnel ? La séquence des questions n’est pas indifférente. Cela prévient aussi de s’attarder aux drames où l’on ne peut vraiment rien : qu’un avion s’écrase dans le Kilimandjaro à la suite d’une erreur de pilotage, ni nous, ni je, n’y pouvons rien. Je le regrette mais je pense que mon énergie est mieux employée en direction de mes malades, qui risquent eux aussi tous les jours de se scratcher !

Nous passons beaucoup de temps au parti socialiste dans le débat interne. La désignation à la présidentielle va en être de nouveau l’occasion. C’est une bonne chose 1- si c’est une démarche positive (ce candidat apporte des solutions plus innovantes, et non pas « il ou elle a dit ça, c’est mauvais, c’est du neo-blairisme ou du chevenementisme attardé ! » en s’appuyant sur des petites phrases reproduites -pas toujours bien- dans la presse), 2- si nous n’y passons pas tout notre temps. Je veux que nous ressortions de toutes nos réunions plus intellligents, plus instruits et plus forts. Avec des solutions à apporter, à exposer dans nos rencontres sur le terrain, et non pas avec une besace pleine de critiques sur les uns ou les autres d’entre nous. Nous sommes d’abord ensemble : nous ne devons critiquer l’une ou l’autre de nos actions que pour apporter aussitôt la proposition de remplacement.

Je reviens à une des phrases précédentes : ressortir des réunions plus intelligents, plus instruits et plus forts. J’ai beaucoup appris au Parti Socialiste : je veux apprendre davantage. Nous avons la chance d’un apport nouveau de militants. Les réunions de présentation nous ont fait apprécier leurs motivations, leur bagage très divers d’expériences professionnelles et personnelles. Profitons-en. Demandons à chacun de nous, nouveau ou pas, de bosser les sujets qui le « branchent » et/ou pour lesquels il a une expertise particulière, par exemple en raison de son job. Ecoutons-le plancher sur le sujet. Référons-nous à lui quand un dossier du Conseil municipal se présente. Quand une question d’actualité demande une réponse rapide, par exemple sous la forme d’un communiqué.

Au plan très local, que nos militants drainent les informations dans les quartiers, les groupes de parents d’élèves.., et déjà réfléchissent à une solution : le plan de circulation du quartier des trois pommes bleues est aberrant, j’ai discuté avec les riverains, il faut proposer cela. Boum, on fait un communiqué, on existe, on montre que nous faisons de la bonne politique.

Même chose au plan national : on apprend une mesure aberrante. Pourquoi est-elle aberrante ? Tout de suite des chiffres, des comparaisons, un dossier sur le sujet. Et re-boum, on se réunit à deux ou trois, on pond un communiqué ou une conf de presse suivant l’importance..

Je suis sûre que nous avons les forces pour cela ; pas assez d’organisation. Nos experts n’osent pas bien souvent se déclarer, ne sentent pas qu’ils sont en charge du dossier. Nous ne communiquons pas assez entre nous, et je voudrais d’ailleurs beaucoup que ce blog soit un des moyens de communication. Nous ne communiquons pas assez tout court. Mais ce dernier point méritera à lui seul un billet.

Voilà. A bientôt.

Orthographe et calcul mental

Deux scientifiques ont fait une grande étude pour étudier les facteurs qui prédisent dans le jeune âge la réussite scolaire, et un bon cursus professionnel. Deux élements crèvent le plafond : être bon en calcul mental et connaître l’orthographe ! Cela parait si élémentaire, si évident (les grands-mères de nos grands-mères l’auraient dit) qu’ils ont appelé cela « la mémoire de travail ». La formule est plus nouvelle que « connaître son orthographe », qu’utilisaient les vieux instituteurs.

Reste que c’est vrai ! Et que cela revient au facteur essentiel qui est en danger en l’état actuel de la société : la capacité d’attention, et d’une manière plus globale, la maîtrise de soi. Je reviens aux scientifiques. Un ouvrage magistral d’un Américain (Roy Baumeister), « Losing control », démontre comment et pourquoi « la perte du contrôle de soi est la pathologie sociale majeure du temps présent ». Cette phrase est la première du livre, malheureusement non traduit en français. Jeux, tabac, télé, alcool, violence, tout à la fois causes et symptomes. Voilà un vrai sujet de vraie politique.

Je me rends compte que je dis de plus en plus souvent dans ces billets « j’y reviendrai », parce que je les écris vite et que je ne traite pas un sujet de manière aussi approfondie qu’il le mériterait. J’effleure. C’est le genre du blog : un jeu rapide de balles que l’on lance et renvoie. Merci à tous ceux qui jouent avec moi !

Question de notoriété (17)

Une lettre aux militants de Bordeaux (évoquée dans les commentaires du billet précédent) fait état du manque général de notoriété des élus municipaux PS, disant que le meilleur d’entre nous ne dépassait pas 5%.

Ne sachant à qui exactement est destinée la lettre, je suis obligée de rétablir dans ce blog les chiffres du sondage Sofres (celui qui a donné Juppé vainqueur à 54% et s’est avéré juste dans presque tous ses chiffres)

. Delaunay, bonne opinion 35%, notoriété 56% (et non 5 %!)

. Hurmic  » 25%  » 44%

. Respaud  » 23%  » 40%

Que ce manque de précision (et même un peu plus) est déplaisant ! Je me souviens de ceux qui disaient avant la désignation que les sondages ne devaient pas dicter notre choix. J’avais, dans celui qu’a diligenté par le parti socialiste, le double exactement de Jacques sur les deux critères évoqués. Je n’en ai pas fait état.

Soyons loyaux, soyons forts, soyons unis !

Coup de grisou (16)

Coup de grisou intense après les résultats du scrutin municipal, que je n’arrive à extérioriser que ce soir. Hier, aujourd’hui (aujourd’hui à vrai dire j’étais à l’hosto, les enjeux sont d’un autre ordre), j’ai gardé « the stiff upper lip », « la lèvre supérieure raide » que recommandaient les militaires britanniques sur tous les terrains de bataille.

Eh bien, ce soir, tout simplement je suis tristou et cafardou. Disons-le tout de go, après avoir entendu presque chaque personne au centre social du Grand Parc (d’où je reviens), me dire que j’avais eu grand tort de me retirer de la candidature à la tête de liste ; parce que je m’interroge sur ce qu’aurait pu être mon apport si je ne l’avais pas fait. J’ai beaucoup souhaité -ce blog en porte la trace dans les archives des mois précédents- mener une liste d’union en face d’Alain Juppé. Je suis sûre que chacun comprend que je m’interroge.

Parce que, parce que…. Parce que sans doute je suis plus faite de questions que de réponses. C’est une de mes blagues favorites pourtant quand quelqu’un dit dans une salle de réunion « Avez-vous des questions ? » , je dis en écho « non, je n’ai que des réponses ». Tout le monde reste médusé. La blague est plus profonde qu’il n’y parait.

Chaque candidat porte une campagne différente. L’important a été pour moi d’être aux côtés de Jacques, complémentaire, proche, amicale, attentive. Je sais, je sais maintenant, après quelques années, peu nombreuses, mais découpées dans la maturité de mon âge et de ma vie professionnelle, ce que je peux apporter au parti socialiste, et plus important à ce qu’on appelle la gauche. Je sais aussi que l’un et l’autre ne sont pas exempts de pesanteurs, de difficultés à être pleinement en prise sur le monde qui va à une vitesse inégalée au cours des siècles précédents. Nous devons en toutes choses nous situer en tête de la modernité. Relisant (souvent) Jean Jaurès, le resituant dans son siècle, je mesure chaque fois combien il était à l’avant des idées. A-t-il jamais été moins compris des mineurs de Carmeaux ?

Je ne suis ni Jean, ni Jeanne, ni Pierre, ni Paul. Je suis moi. Et je suis en politique pour que chacun puisse dire la même chose et sentir qu’il compte, qu’il a un rôle, qu’il doit le mener à son meilleur, et que les moyens doivent lui en être donnés.

Petit secret en effet, confidence entre les confidences : au pire d’un coup de grisou, se demander pourquoi on est là, qu’est-ce qu’on veut vraiment, le dire ou mieux encore l’écrire.

Ca marche. La plupart du temps.

Abstention

Alain Juppé a affirmé hier soir que le taux d’abstention était faible pour une élection municipale partielle. En réalité il est au contraire le « deuxième plus fort » des quatorze municipales partielles survenues depuis un an (villes de plus de 3500 habitants)

Le champion est Goussainville : 41 % de participation au lieu de 44 hier à Bordeaux . Mais tout proche de nous, à Gujan Mestras : 57%

Et rappelons Balkany se représentant après sa condamnation : 53%, Mellick à Béthune : 58%

Notre faible taux Bordelais confirme cette décrédibilisation du scrutin que j’évoquais dans le billet précédent.