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Soir d’élection (13)

Au retour de cette soirée d’élection, je ne veux mettre sur le blog que les quelques mots que j’adresse à nos militants et à nos amis, déçus comme moi du résultat insuffisant de notre effort commun.

Notre déception du score de ce soir est évidente ; en quelques mots, essayons de tirer l’enseignement de ce scrutin. 1- Alain Juppé a pris une grosse responsabilité en provoquant cette élection. L’augmentation de l’abstention dans un scrutin municipal (le scrutin dont les citoyens sont le plus proche) répond à son déni de démocratie. Participer à décrédibiliser la politique n’est pas digne d’un homme qui s’attribue un destin national.

2- Le PS et la gauche progressent à chaque élection à Bordeaux. Nous aurons quant à nous (le PS) un 6ème élu municipal, Matthieu Rouveyre. Cette progression est un pas en avant, et j’espère la confirmer fortement à l’occasion des élections législatives en face d’Alain Juppé .

3- Cette progression ne doit pas nous autoriser à faire l’économie d’une interrogation pour l’avenir

a. Comment transformer en votes la conscience républicaine ébauchée par la réprobation de 65% des Bordelais de l’anticipation de l’élection et de la démission du conseil municipal ?

b. Comment rendre mieux lisible notre action de tous les jours et notre capacité de gestion ?

Bon courage à tous. Merci de votre action dans la campagne. Merci de votre investissement dans celles qui nous attendent

journée d’élection (mini suite)

je rentre brièvement dire bonsoir à mon ordinateur après une overdose de bureaux de vote. Entre 40 et 48% de votants à 19 heures, avec de très bons scores en particulier dans un bureau de vote qui m’est cher, à la Bastide. Au total : rien n’est impossible, mais rien n’est certain. L’air du soir est délicieux, les chasseurs de cèpes vont rentrer donner un coup d’épaule décisif (j’espère) au scrutin. Puissent-ils avoir fait bonne cueillette et en reporter la satisfaction sur notre liste.

On continue de se tenir au courant. Dernière ligne droite de ce premier tour …

Journée d’élection

Journée d’élection… On se doute qu’il y a comme une légère tension dans nos rangs (dans les autres aussi !). On renifle, on scrute, on sent le vent. A 13 heures, 25% de participation à peu près partout, c’est à dire pratiquement autant dans les quartiers qualifiés de populaires et dans les ceux qui malheureusement ne le sont guère. La participation est meilleure que pour la législative partielle ; 50% de participation paraissent possible.

Au total : rien de décisif. Continuons de renifler : l’air est doux, ce n’est pas désagréable. Je rejoins Jacques pour un nouveau tour de bureau de votes (le premier ce matin dans mon canton, plus Albert Barraud, Malleret qui ont fait la différence aux législatives partielles.

On se tient au courant…


Le mythe de la femme réelle

J’emprunte sans vergogne le titre d’un très plaisant article du journal « Le Monde » (daté de ce jour 7 octobre) qui vient de me tomber sous les lunettes. Il prolonge très à propos le débat qui s’est installé après le précédent billet (« des femmes dans la ville »). De bons auteurs (masculins) soutiennent que des femmes telles que Claudie Haigneré, Ségolène, Kate Moss » porteraient finalement préjudice à « la femme réelle ». L’auteur de l’article*, qui est, elle une femme s’insurge sur le seul fait de poser la question et en pose une à son tour : imagine-t-oon une femme écrire dans le Monde que la médiatisation de l’astronaute Patrick Baudry, de Tom Cruise et de Nicolas Sarkozy nuit à la situation des hommes réels ? » A peine quelques femmes émergent-elles que certains hommes les trouvent trop visibles et s’inquiètent que cela puissent désservir leur cause. Derrière la sollicitude, une aggressivité un peu perfide.

Je cite un passage de l’article, qui ne rend pas compte du ton alerte de l’ensemble, mais qui complète bien le débat entamé dans le billet précédent : « les femmes occidentales sont loin d’être les égales des hommes, ne serait-ce que sur le plan économique et social (…). Dès lors, nous n’avons pas d’autres choix que d’être toutes des surfemmes. Il nous faut bien tenir l’équation complète : être femmes, êtres mères généralement, prendre la parole, prendre le risque d’une certaine fatigue, mais qui ne regarde que nous. Ce « mais qui ne regarde que nous » sera très profondément entendu par toutes mes petites camarades.

  • l’auteur de l’article, Sandrine Teiner, est la coordinatrice du « Livre noir de la condition des femmes ».

Des femmes dans la ville

Très beau meeting de clôture, hier soir, de notre campagne de premier tour. Chaleureux, gai, fraternel, plein d’énergie. La politique comme on l’aime, la politique qui unit et qui donne de la force.

Je suis intervenue au nom des femmes et pour les femmes. Leur place est d’importance dans une élection municipale, et plus encore dans celle-ci. Pourquoi les femmes ? Je suis la première à trouver qu’elles sont avant tout « des hommes comme les autres », mais leur vie n’est pas la même que celle des hommes. On ne le dit pas assez : les femmes sont les premières utilisatrices de la ville. Ce sont elles qui font les courses, vont chercher les enfants à l’école, s’occupent des parents âgés, elles qui sont le plus nombreuses dans les transports en commun…

Elles aussi qui savent mieux que personne qu’un quartier sans commerce est un quartier mort. Elles qui dans une seule heure, généralement à la pause de midi, doivent acheter des tickets de cantine, aller à la poste chercher un formulaire et passer au pressing… et tant d’autres choses dans un temps toujours trop court. Plus que les hommes encore, elles mesurent que l’absence d’équipements publics, d’artisans, de commerces, détruit la qualité de vie dans une ville. C’est malheureusement le cas à Bordeaux dans nombre de quartiers, qui ont marché à reculons au cours de ces dix dernières années.

C’est d’abord pour les femmes que nous avons fait un axe fort de notre programme de la remise à niveau des quartiers laissés sur le côté pendans ces dix ans. Nous voulons dans chacun des grands quartiers une mairie annexe assortie d’une plate-forme de services publics ; nous voulons dans chacun les équipements sportifs, culturels et sociaux nécessaires à la vie et à la convivialité, ainsi qu’une maison des associations. Nous voulons soutenir le commerce et la création ou la modernisation des petites entreprises artisanales (en particulier par les fonds FISAC), au lieu de dépenser ce fonds en soutenant des fêtes à neu-neu (fête des grands-mères, de la rose, du soleil..) qui sont des feux de paille et dont les commerçants ne profitent pas réellement.

Je dis souvent que ce qui est bon pour les femmes est bon pour la société toute entière. C’est particulièrement vrai ici : une ville où le « besoin de quartier » est accompli est une ville où il fait bon vivre.

Pourquoi aussi parler spécialement aux femmes à l’occasion de cette élection municipale particulière que nous sommes entrain de vivre ? Sans doute l’ai-je déjà exprimé dans ce blog : à cause de leur vie multiple, de leur conscience particulière du temps (et en général du manque de temps !), les femmes ont un solide sens de la hiérarchie des valeurs. Je crois qu’elles sont porteuses de l’exigence d’une pratique politique nouvelle, plus simple, plus directement en prise avec les citoyens, plus rigoureuse aussi. Tout le contraire de ce que nous venons de vivre avec le choix monarchique d’Alain Juppé de dissoudre son conseil et de convoquer les électeurs aux urnes pour son seul intérêt.

Mon souhait est que les femmes (52% du corps électoral) se portent en tête pour manifester à Alain Juppé leur réprobation de cette pratique du passé, qu’aucun autre pays européen avancé n’accepterait. Et que leur vote nous assure un deuxième tour.