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L’Alliance contre le Tabac interpelle les candidats à l’élection présidentielle

L’Alliance Contre le Tabac, dont Michèle DELAUNAY est la Présidente, a mobilisé les professionnels de santé afin qu’ils s’engagent dans la lutte contre le tabac.

Forte de cette mobilisation, l’Alliance Contre le Tabac, a interpellé les 11 candidats à l’élection présidentielle sous la forme d’un questionnaire et a tenu une conférence de presse le 11 avril 2017 pour présenter leurs réponses et engagements.

Consulter le dossier de presse : DP Version finale

Portrait – Michèle Delaunay, femme de combats – Aqui, 29/02/16

Par Romain Béteille, Aqui.fr

Michèle Delaunay, femme de combats

A 69 ans, Michèle Delaunay a eu deux vies : l’une dans la médecine et la seconde dans la politique. L’une a pris le pas sur l’autre. Elle en raconte les reliefs.

Michèle Delaunay - RB

20 février dernier. Le sujet fait la une de la presse. Les primaires des prochaines présidentielles n’ont même pas encore commencé que, déjà, les rangs politiques s’agitent pour parler des législatives et même des municipales de 2020. Dans un billet rédigé sur son blog, Michèle Delaunay, conseillère municipale de Bordeaux et députée de la deuxième circonscription de la Gironde, n’y va pas par quatre chemins. « Aujourd’hui, fortement, clairement, SERIEUSEMENT, j’exprime que si je juge en avoir la force et l’envie, que si je pense comme aujourd’hui être une candidate sérieuse, ayant des chances sérieuses elles aussi de pouvoir réaliser ce sur quoi je m’engagerai, je serai candidate en 2020 à l’élection municipale de Bordeaux », écrit-elle sans détour. Pour comprendre cette annonce un brin prématurée, il faut sans doute revenir quelques décennies en arrière pour analyser le destin un brin singulier de cette femme, fille de celui qui fut longtemps surnommé le « Préfet de Chaban » et haute figure de la Résistance, Gabriel Delaunay.

Avant de faire de la politique sa nouvelle vie, Michèle Delaunay, 69 ans, a été l’invitée des dîners de son père, qui lui ont fait rencontrer des noms aussi illustres que Jacques Delors ou Jacques Chaban Delmas, qui lui a dit, un jour, alors qu’elle avait tout juste douze ans, « Toi, petite, tu devrais faire de la politique ! ». « A cette époque, j’ai rencontré des gens de tous milieux et en particulier des gens assez importants, ce qui est une richesse considérable dans la vie. J’ai été favorisée. Mes parents me considéraient comme assez mûre. J’ai participé à des déjeuners ou à des dîners où ils étaient sûrs que je n’allais pas dire de bêtises ou poser des questions stupides. Mais surtout, j’ai eu le privilège d’avoir l’impression que tout était naturel. Mes parents étaient très simples, ils étaient les mêmes en face d’Adenauer ou de n’importe qui d’autre ». Son père, au fond, ne l’a jamais quittée. C’est d’ailleurs de lui qu’elle a hérité cet attrait, un brin tardif, pour la vie politique : le fait « de rencontrer presque chaque jour des personnes qui sont au top dans leurs champs d’influence ».

La figure d’un pair

Lorsqu’on la retrouve dans sa permanence, rue Saint-Laurent à Bordeaux, il est là qui nous toise, dans la pièce d’à côté, sous la forme d’un portrait à l’encre, encadré et posé sur un chevalet. « Il est presque comme la Joconde. De n’importe-où qu’on se place, on a l’impression qu’il nous fixe », nous confie Michèle Delaunay, un sourire malicieux sur le visage. Dans cet appartement transformé en Q.G trônent encore, sur les tables, ce qui a forgé la personnalité de cette frondeuse que l’on a souvent accusé de s’être égarée à gauche. Des prospectus anti-tabac, quelques restes de flyers de campagne, des cartes de voeux de toutes les formes rassemblées sur un piano fermé. Et ce portrait qui reste en tête, ce regard affirmé que l’on retrouve au milieu de ce visage anguleux, souriant dans son pull marron, presque austère.

« Mon père voulait que je fasse l’ENA », avoue-t’elle. J’avais 15 ans à l’époque; ça n’était pas une mauvaise idée, je pense. Mais on a toujours une volonté d’indépendance par rapport à ses parents, et j’ai fait médecine dans cette perspective. Je ne l’ai jamais regretté, ça m’a donné une solidité dans la vie que je crois irremplaçable ». Jusqu’en juin 2007, elle a été responsable de l’Unité de Dermatologie-Cancérologie à hôpital Saint André de Bordeaux, ce qui a forgé la femme politique qu’elle est aujourd’hui. « Mon expérience médicale a fait que j’ai eu une perception particulière du pouvoir. Le pouvoir médical est beaucoup plus important que le pouvoir politique. Quand vous pouvez entrer dans la chambre d’un malade qui vous attend, depuis plusieurs heures, et que vous lui dites qu’on va devoir lui faire une radiothérapie du cerveau… quel pouvoir immense. Certes sur un seul individu, mais qui a un caractère décisif. La politique, à l’exception des plus hauts niveaux de l’État est d’un tout autre ordre », avoue-t’elle. Car Michèle Delaunay a bien eu deux vies presque parallèles : celle de la médecine et celle de la politique, deux carrières qu’elle ne pouvait pas, selon elle, mener de front.

Une seconde peau

Sa deuxième vie lui a permis d’opérer, dans un délai assez court, une ascension assez fulgurante. En 2001, elle se lance sur la liste portée par Gilles Savary dans les municipales de Bordeaux. Alain Juppé est réélu dès le premier tour, elle fait ses débuts dans l’opposition. En 2004, elle se présente aux cantonales face à Chantal Bourragué, députée de Bordeaux et conseillère générale sortante de droite. Élue, elle en profite pour reprendre un canton détenu par la majorité depuis 45 ans. En novembre 2004, elle subit un échec lors des législatives partielles contre Hugues Martin, mais marque tout de même un point en s’implantant dans une circonscription symbolique. « Je fais semblant de dire que j’ai fait exprès », chuchote-t-elle. « C’était plus important de battre Juppé que Martin. J’ai fait bataille à Bordeaux en 2007 parce que je pensais qu’il était extrêmement important qu’on rompe le lien du député-maire, celui qui a un fief d’une politique féodale. J’ai gagné de 600 voix et avec les pieds. J’ai fait une campagne avant tout pour que les gens me connaissent. Personne ne me connaissait».

Alain Juppé, elle le battra au second tour des législatives en 2007, ce qui entraînera indirectement sa démission du gouvernement. Juppé avec qui elle a noué une relation quelque peu particulière. « Ce n’est pas du tout vrai que je n’aime pas Alain Juppé », réplique-t-elle quand on lui demande si elle a quelque chose contre lui. « Il ne m’a pas donné l’occasion d’avoir le moindre lien affectif avec lui mais je ne le lui reproche pas ». Avant d’enchaîner, sans qu’on le lui demande : « C’est un candidat local extrêmement blessant, humiliant, qui pendant cinq ans n’a répondu à aucune de mes lettres, ne m’a jamais invitée à rien. Il ne s’est pas comporté en républicain au sens vrai du terme, ce que je regrette puisque c’est un homme pour lequel j’ai une réelle estime, de grande envergure. Je n’ai jamais fait bataille contre lui. On est concurrents, chacun donne ses atouts, point. Cela dit, Il m’humilie avec beaucoup de plaisir ».

L’accomplissement

Mais le 16 mai 2012, la carrière politique de Michèle Delaunay prend un nouveau tournant. Elle devient Ministre déléguée chargée des personnes âgées et de la dépendance sous le gouvernement Ayrault. Un ministère qu’elle rebaptise aussitôt « aux personnes âgées et à l’autonomie ». « Je voulais qu’on appelle ce Ministère « transition démographique ». Aujourd’hui, 30% de la population a plus de 60 ans, 27,8% en grande Aquitaine. Ce tiers de la population a 30 à 40 ans de vie devant lui. La place et le rôle des plus de 60 dans la société est décisif, or c’est le trou noir de la pensée politique. C’est ça que je voulais illustrer et que j’illustre encore au quotidien ». Car avant de se faire le chantre de la lutte contre le tabac, Michèle Delaunay a également été chargée de la réforme de la dépendance. Une loi, engageant le gouvernement jusqu’en 2017, qui comprend notamment la refondation de l’allocation personnalisée d’autonomie et des aides techniques à domiciles renforcées. C’est elle, également qui, en 2014, signera le contrat de filière de la silver économie. « A l’époque ou je l’ai lancée, personne n’en parlait. Aujourd’hui elle a pris un peu de couleurs. Il y a eu des rapports, on a lancé des silver-régions dont l’Aquitaine, qui a marché très positivement, fait partie. C’est un secteur qui pourrait développer 300 000 emplois d’ici 2020, si on le porte suffisamment ».

Malgré tout, on lui fait remarquer que cette fameuse « filière » est encore en travaux, et qu’elle se fait plutôt discrète depuis deux ans, bien cachée au fond des ministères. « La politique est encore portée par les hommes, et les hommes ont peur de parler du vieillissement », affirme-t-elle sans détours. « Ils n’ont pas encore le truc. Avez vous jamais entendu parler Alain Juppé du vieillissement ? Il a fait un plan âge pour la ville parce qu’il savait qu’il m’avait dans le dos. J’avais écrit plusieurs tweets là-dessus en le taclant un peu, en disant qu’il fallait emmener les âgés voir des opérettes, des choses comme ça. Il m’a envoyé mon pass senior. C’est un paradoxe. Autrefois, on disait des femmes qu’elles cachaient leur âge. Aujourd’hui, elles le disent beaucoup plus librement et elles portent ce sujet », justifie-t-elle.

Pourtant, elle regrette encore aujourd’hui que le sujet du grand âge soit relégué au fond d’un tiroir. « Ca n’a pas pris du tout comme je le voulais. J’ai eu trop peu de temps. C’est pour ça que j’ai regretté de partir du Ministère trop tôt, il me fallait quelques mois de plus. Je cassais les pieds à Hollande avec cette transition démographique, je voulais être en face de la transition énergétique parce qu’elle était au moins aussi importante. Parce que c’est l’humain. Cette volonté ne m’a pas quitté depuis lors. Par habitude d’élégance, je m’en suis un peu retirée pour ne pas empiéter sur le champ de la ministre qui suivait ». Un remplacement au pied levé par Laurence Rossignol qu’elle a vécu comme « une blessure d’honneur. Cette habitude du remaniement, je pense, est une exception culturelle française. Elle n’apporte rien à la politique, pas un point de notoriété de quiconque. C’est une erreur. Ce qui peut apporter à un pouvoir exécutif, c’est le changement d’un, deux ou trois ministres décisionnaires. Mais quand un ministre n’a pas accompli sa mission, ça n’a aucune importance puisque personne n’en sait rien. Ca n’influence pas le secteur », dit-elle, comme si elle essayait de se faire une raison.

Toujours un coup d’avance

Entre temps, Michèle Delaunay a lancé une Mobilisation Nationale contre l’Isolement des Agés, une piste pour l’ouverture de maisons de retraite spécifiquement destinées à accueillir des personnes LGBT et milité, sous Sarkozy, pour la cause des transsexuels, bien avant l’instauration de la loi Taubira sur le mariage pour tous, en sachant très bien que c’était perdu d’avance. «Je l’ai fait pour poser des jalons. Vous savez, le PACS ne s’est pas fait en une journée. J’ai beaucoup trouvé de mères ou de pères porteuses pour mes lois. La loi autonomie, c’est mon successeur qui l’a portée à l’Assemblée. J’ai globalement été toujours un poil en avance », avoue-t-elle, avec toujours ce sourire malicieux aux lèvres. Celle qui se déclare officiellement « work-alcoholic » a également pris cause, dès ses débuts en politique, pour une lutte active contre le tabac. Régulièrement, depuis, on la voit, frondeuse, dénoncer cette « addiction féroce ». « Le tabac, ça a toujours été un combat personnel. Quand j’ai été élue députée, je me suis dit que je ferai avancer la lutte contre le tabac. Je n’en cherche pas la gloire. C’est un fléau universel. Chaque avancée que l’on fait politiquement sauve plus de vies que dans une année d’un médecin ». Un héritage de sa première vie, qu’elle continue de porter aujourd’hui, et qui revient sur le devant de la scène lorsque, dans les rangs de l’Assemblée, on parle d’un potentiel paquet à dix euros, qu’elle défend depuis des années comme étant un « seuil psychologique ».

Paradoxalement, c’est ce seuil là qui a conforté Michèle Delaunay qu’elle était bien une femme de gauche, malgré toutes les critiques qu’elle a pu subir, notamment lorsqu’on a appris en 2012 qu’avec 5,4 millions d’euros, elle était la deuxième ministre au patrimoine le plus important derrière Laurent Fabius. « Je suis extrêmement engagée sur l’égalité des possibilités. Je suis sûre que je suis de gauche parce que je suis farouchement en faveur de donner à chacun toutes les chances de l’égalité, et non pas l’égalité des chances. Je n’ai pas d’hésitation là dessus ».

De nouveaux combats

Aujourd’hui plus que jamais, Michèle Delaunay est une femme qui n’hésite pas à partir au front. Si elle se déclare globalement fière de la ville de Bordeaux dans laquelle elle officie, elle y dénonce régulièrement des politiques qu’elle juge excluantes. Comme lorsqu’on lui parle de la politique de stationnement payant pour tous les résidents de la ville. « J’en suis bénéficiaire, à tous les plans. J’ai la possibilité d’acheter le macaron, j’ai une cour ou je peux me garer et faire garer mes collaborateurs, je trouve plus facilement du stationnement et j’ai l’argent pour payer les quinze euros ce qui n’est pas le cas de tout le monde. Mais l’aide à domicile qui gagne moins que le SMIC va mettre un pourcentage non négligeable de son heure de travail, souvent pénible, pour seulement stationner; çaa montre que c’est une politique qui a été faite par quelqu’un qui a un chauffeur… Tout cela sans parler du fait que la mairie est en train de brader notre patrimoine foncier aux promoteurs qui veulent faire du profit immédiat. Ils vendent à 5000 euros un terrain qui leur revient à 2000 euros le mètre carré pour des bâtiments qui, dans trente ans, seront moches ».

Même après ces deux vies parallèles, Michèle Delaunay semble en tout cas avoir toujours autant de convictions, qu’elle n’est apparemment pas prête d’abandonner. C’est sans doute toutes ces pièces qui, mises bout-à-bout, forment le puzzle qui aide à comprendre son engagemen dans les futures batailles électorales qui suivront les présidentielles de 2017, notamment les municipales qui, si Alain Juppé suit les pronostics, pourraient ouvrir le champ à de multiples candidats actuellement en place au conseil municipal. Elle pourrait alors avoir une chance de continuer à porter les combats dont elle a établi les pistes quelques lignes plus haut. Bien qu’active au conseil municipal et députée, elle semble bien, dans ses paroles, viser ce nouvel objectif. « Un député n’a aucun pouvoir concret. C’est le ministère de la parole, mais ça n’est pas du tout dépréciatif. Si les gens vous font confiance et vous demandent de porter une cause, vous ne le faites que par la force de votre crédibilité et de votre parole. Mais ce n’est pas suffisant dans la vie. Le mandat de maire est certainement l’un des plus beaux dans la vie d’un politique ». Sourire. Silence.

Dépêche AFP 19/07 : Gironde, des buralistes neutralisent une dizaine de radars

Bordeaux : Des buralistes de Gironde, opposés à l’instauration des paquets neutres de cigarettes, ont neutralisé une dizaine de radars à la sortie de Bordeaux dans la nuit de samedi à dimanche, a-t-on appris auprès de leur fédération départementale.

Les radars, situés pour la plupart sur des embranchements autoroutiers à la sortie de la ville, ont été recouverts d’un sac portant le slogan: « Supprimer les buralistes ne fera pas baisser le tabagisme. Non au paquet neutre, non au paquet à 10 euros », a précisé à l’AFP Joaquim Rompante, président de la fédération girondine.

Des sacs similaires ont été utilisés pour recouvrir les têtes de statues de la Fontaine des Girondins, emblématique fontaine du centre-ville de Bordeaux.

Des affiches, avec la même mention, ont également été placardées sur la permanence départementale du Parti socialiste et sur celle de la députée PS et ex-ministre aux Personnes âgées, Michèle Delaunay, très engagée dans la lutte contre le tabagisme, a indiqué le représentant départemental.

« Le paquet neutre, c’est la mort de notre débit! », déplore Joaquim Rompante. « Si l’Etat peut se passer des taxes générées par nos débits de tabac, il peut aussi se passer de l’argent généré par les radars! ». « Nous voulons qu’on en reste aux paquets que l’Europe demande », soit une neutralité préconisée sur 65% du paquet, a-t-il ajouté.

Depuis mi-juin, la Confédération des buralistes se mobilise pour contester la mise en oeuvre du projet de paquet de cigarettes neutre.

Dans le cadre du projet de loi Santé, les députés ont adopté le 3 avril en première lecture l’instauration à partir de mai 2016 de paquets de cigarettes sans aucun logo, ayant tous la même forme, la même taille, la même couleur et la même typographie. La seule distinction qui subsistera sera le nom de la marque, qui continuera à apparaître, mais en petits caractères.

La commission des affaires sociales du Sénat examinera à son tour le texte le 22 juillet, date à laquelle les buralistes prévoient de se mobiliser.

jb/pfe/mm