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« Il n’est pas de l’intention de notre groupe* de dénier tant soit peu  l’importance des enjeux environnementaux d’une métropole et en particulier l’objectif d’y réduire l’usage de la voiture. Au contraire nous y souscrivons. Pas davantage nous ne pensons qu’il est facile de parvenir à des solutions équilibrées, mais nous rejettons la méthode brutale, insoucieuse de vos propres engagements de campagne en 2014**  comme de la moindre concertation, que vous appliquez sur la question du stationnement. Aucune préoccupation de l’impact sur le travail et l’emploi à Bordeaux, aucune préoccupation sociale ou simplement humaine, aucune prise en compte des caractéristiques des quartiers en matière de densité urbaine et d’installations publiques. Nous sommes précédemment intervenus à plusieurs reprises sur ces sujets et ceci ,sans effet. Il faut la colère de deux quartiers considérés comme « bien votants »*** et traditionnellement favorisés par vos politiques pour retenir votre attention. A Bordeaux sud comme à la Bastide, vous avez ignoré l’expression populaire

Impact en effet sur l’emploi et en particulier sur les ménages bordelais comportant au moins deux actifs. Et comme d’habitude, dans la pratique, c’est souvent le travail des femmes et leur usage de la voiture, qui est le plus pénalisé. Soyons concrets, nous demandons que ces ménages disposent de deux macarons s’ils n’ont aucune facilité personnelle de stationnement (garage, cour..) et j’y ajoute personnellement un macaron gratuit si le 2ème véhicule est électrique

Impact sur l’emploi des professionnels dont l’activité leur impose des déplacements en des lieux multiples chaque jour et je suis tombée de ma chaise en découvrant que les médecins en cabinet de groupe ne disposaient que d’un macaron par adresse professionnelle ! Résultat : ils renoncent aux visites à domicile.

Après plusieurs de mes interventions, chiffrées, vous avez accordé la disposition d’un macaron pour les aides à domicile agrémentées qui ont de multiples postes de travail et dont il n’était pas supportable de penser qu’elles mettaient dans l’horodateur une part non négligeable de leur smic horaire. Mais qu’en est il de tous les autres salariés relevant de particuliers employeurs qui aujourd’hui sont contraints d ‘abandonner leurs « heures » auprès de ceux qui résident en centre ville.

Impact sur l’emploi à Bordeaux des travailleurs métropolitains : un exemple concret d’une habitante de la périphérie, exilée avec sa famille par le prix du foncier : 2 et demi pour venir travailler en transport en commun, trois quarts d’heure à une heure en voiture, y compris en déposant ses enfants à l’école. Que choisiriez vous M le Maire ?

Injustice aussi pour les artisans dont le siège est hors Bordeaux, ce qui est le cas le plus fréquent car leurs locaux demandent une surface que le centre ville ne leur permet plus. Pourquoi un charpentier de Bègles ou un maçon de Mérignac devrait il payer une facture de stationnement très lourde en venant travailler à Bordeaux, facture qu’il répercuterait sur ses clients et qui le défavoriserait par rapport à un homologue bordelais

Impact sur l’artisanat et le commerce bordelais. Je sais vous me répondrez régulièrement « le commerce ne s’est jamais aussi bien porté ». C’est faux : nombre d’enseignes ferment au bénéfice des supermarchés qui offrent une heure et demi gratuite et du commerce en ligne. Nombre de Bordelais en effet renoncent à aller faire leurs emplettes en ville.

Impact social et surtout injustice sociale très lourde. Quinze euros par mois dans un quartier politique de la ville, c’est trois repas, l’expression est de ma collègue emmanuelle ajon, parce que c’est qu’on nous dit à la Benauge ou au Grand parc. Même chose sur une petite retraite qui voit en ce moment ses modestes revenus attaqués de toutes parts.

Impact humain, sur les âgés qui ne viennent plus en ville alors que les sorties et les déplacements sont pour eux un outil contre l’isolement et le déclin cognitif. Pour les personnes en suivi thérapeutique ou en traitement qui doivent interrompre les consultations pour aller nourrir le paramètre,  qui payent un lourd forfait de dépassement d’horaire si la chimiothérapie n’est pas terminée… Et finissent pas renoncer à utiliser leur véhicule et commandent un transport médical qui sera facturé à la sécurité sociale dix fois le prix de la consultation.

Injustice d’un territoire à l’autre.la généralisation se fait sans analyse et sans réflexion. Les territoires sont différents autant en densité urbaine qu’en densité –et souvent en absence- d’équipements collectifs. C’est irréaliste de dire : au dessus de 2 heures de stationnement, il faut stationner en parking souterrain, mais savez vous bien qu’il y a de nombreux quartiers qui n’en disposent pas ? Et pourtant l’amende de dépassement des 2 heures de stationnement en surface est la meme et elle n’est pas financierement accessible à la majorité des portefeuilles bordelais

Alors, il faut rebattre les cartes avec les Bordelais qui aujourd’hui rejettent le jeu tout entier parce qu’ils perçoivent aujourd’hui que l’enjeu est aujourd’hui financier bien plus qu’environnemental et ils rejettent cet impôt supplémentaire.

Rebattre les cartes et élargir la table au niveau métropolitain, pour les habitants comme pour les territoires. je l’ai dit, un plombier de Bègles, un couvreur de Mérignac, ou un maçon lormontais doivent pouvoir venir travailler à Bordeaux, comme bien sûr l’inverse. Rebattre les cartes en s’instruisant de la cartographie d’usage qu’objective le stationnement payant. Et pendant cette période de concertation, un moratoire tout de suite sur la réduction à 17 euros de l’amende de la troisième heure »

* le groupe des élus socialistes au nom duquel je parlais (c’est pour bien rester dans le cadre dont nous avions convenu que j’ai écrit et lu mon intervention, ce qui me permet de la reproduire)

** le candidat Alain Juppé avait promis des parkings de proximité dans les quartiers, il n’en a fait aucun ; il avait annoncé le stationnement résidentiel payant uniquement à l’intérieur des cours : il l’a généralisé

*** Saint Augustin et Cauderan

 

 

 

 

 

 

 

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