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A Hossegor, dans les Landes, comme partout ailleurs, le coucher de soleil est l’exact inverse de la politique : toujours pareil, mais jamais semblable.

Depuis le temps que je leur suis fidèle, je connais des couchers de soleil multiples : fugitifs, timides sous un écran de nuages, d’un rouge glorieux qui confine à la pourpre, ou  de cet éclat vert, lui même si divers,  qu’on appelle « Rayon vert ».

La politique, quelque part, c’est tout au contraire : toujours différente, se targuant de changement quand ce n’est pas de « révolution », mais infiniment, dramatiquement semblable. Moins de trois mois après le big bang annoncé, c’est la même rencontre du réel, les mêmes premiers récalcitrants, le même mauvais vent de dénigrement, les mêmes rapports que l’on demande sur ceci ou sur cela quand les armoires de la République en sont pleines.

« Tout changer pour que tout reste identique », ce sont les mots du Guépard dans l’inoubliable roman de Giuseppe Tomasi di Lampedusa. Rien n’a changé justement, sauf le rythme du changement. Le Prince Salina vivait le changement, comme le retour à l’état antérieur, au rythme des générations, nous le vivons aujourd’hui au rythme des quinquennats. Le changement, c’est maintenant, le changement, c’est jamais. Il n’adviendra vraiment que sous le poids, ou la chance, de la démographie.

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