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Benoît Hamon a remporté la première manche de nos primaires. Campagne claire autour d’une proposition phare, très discutée depuis plusieurs mois dans les médias et le public, voilà qui me confirme s’il en était besoin qu’il faut identifier un candidat à une proposition que tout le monde soit en capacité de nommer.

En réalité le revenu universel est un concept à multiples dimensions comme à multiples entrées. Je dis tout de suite que je suis favorable à un revenu  universel qui lisse les différentes allocations sociales, qui en simplifie la connaissance par le public et donc facilite l’accès aux  droits dont nous savons qu’il est loin d’être satisfaisant.

Je l’ai écrit dans un billet précédent : je suis au contraire très réservée sur un revenu universel qui porte en lui la résignation à la raréfaction du travail et donc à un chômage de masse. Bien davantage, je porte l’assurance que d’autres formes de travail se feront jour, et la volonté de voir d’autres secteurs s’ouvrir largement (silver économie dans son volet humain d’aide à la personne comme dans son volet entrepreneurial autour du du numérique, économie « verte », nouveaux modes de transport…).

Réservée également car le revenu universel XXL ne favorisera pas le travail des femmes. Combien d’entre elles, qui ont de petits salaires, seront amenées à rester à la maison pour assurer le soin et la garde des enfants. Combien d’entre elles qui aujourd’hui trouvent une place valorisante (par exemple dans les hôpitaux où il n’existe ni racisme ni discrimination), n’auront plus les mêmes possibilités d’inclusion et de libre pratique de notre langue si elles restent chez elles ?)

Réservée enfin, parce que je crois que cette valeur fondamentale de la gauche qui est l’émancipation par le travail y perd de sa force. De même, en marxisant un peu mon discours, nous y perdons le sens profond de la lutte du travail contre le capital.

Alors pourquoi cette férocité de certains à vouloir trancher sans tenter de rapprocher les positions ? Un militant, que je crois reconnaitre, me lance dans notre quotidien Sud Ouest un ultimatum : « il va bien falloir qu’elle tranche ! » Pour ma part, je ne porterai devant les électeurs que des mesures crédibles sur lesquelles je m’engagerai -que je sois dans la majorité ou dans l’opposition- .  Le meilleur de nos candidats aux primaires citoyennes a rassemblé moins d’environ 2% du corps électoral. A moins de se résigner à être une force d’opposition en vue d’échéances futures, nous devons élargir le champ de ceux qui mettront leur confiance en nous.

Comments 2 comments

  1. 23 janvier 2017 at 12 h 00 min Klaus Fuchs

    Comme Michèle (et j’insiste, indépendamment d’elle…) j’ai de grandes réserves à l’égard du RU. C’est une utopie certes intéressante mais comme beaucoup d’utopies je pense qu’elle ne se réalisera pas (tiens, M. Filoche vient d’exprimer le même avis!). Son octroi inconditionnel, le risque pour la place et l’autonomie des femmes dans le futur monde du travail, une technicité extrêmement complexe de l’ajustement au système de protection sociale et la compatibilité plus qu’improbable avec les systèmes de cette protection sociale des autres Etats de l’Union européenne sont les éléments principaux de mes réserves. Sans parler du sens ou la valeur qu’on voudra donner à l’avenir au travail.

    Je ne pense pas que B. Hamon, homme intelligent et expérimenté, n’ait pas réfléchi à tous ces obstacles à la réalisation du RU. S’il insiste malgré cela, il sait que l’électorat de la présidentielle ne le suivra pas. Envisager donc avec sa proposition une défaite certaine ne peut s’expliquer que par des objectifs politiciens ultérieurs: la mainmise sur le PS (ou plutôt sur ce qu’il en restera après une défaite) et l’espoir de gagner en 2020 et en 2022. Il risque avec cette stratégie qui prétend s’appuyer sur des « valeurs socialistes » telles qu’il les conçoit le départ d’une bonne partie des militants vers Emmanuel Macron qui sera in fine le grand gagnant. A propos « valeurs socialistes »: j’ai toujours pensé que réalisme et responsabilité en faisaient partie…

  2. 23 janvier 2017 at 18 h 08 min GANGLOFF

    Qu’on le veuille ou non la place de la femme dans l’entreprise est liée à son rôle maternel. Pour qu’elle soit traitée à l’égale de l’homme peut-être faudrait-il que les entraves qu’elles doivent assumer soient strictement dupliquées vers l’homme!
    Si le congé maternité et le congé paternité étaient strictement de la même longueur et en simultané il y aurait moins de discriminations à l’égard des femmes tant à l’embauche qu’en matière de plan de carrière
    Quant au RU il ne pourrait s’envisager qu’avec un financement qui assure un effet gagnant gagnant entre l’entreprise et le salarié pour permettre à ceux qui ne choisiraient pas cette option ou n’en trouveraient pas de pouvoir vivre décemment d’une activité indépendante.
    Il faut en tous cas repenser le système actuel face à la vitesse à laquelle se développent les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle pour que cela profite à l’humanité au lieu de la rendre encore plus dépendante

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