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En matière de santé, pas de doute, l’ennemi c’est bien la finance. Nous sommes aujourd’hui en train de faire exploser les progrès médicaux du siècle dernier par des addictions et des maladies comportementales qui sont pour une très grande part causées par des groupes financiers cyniques qui sacrifient des générations de jeunes gens sur l’autel de leurs bénéfices.

En tête de peloton: les cigarettiers et les alcooliers. Parlons ici des seconds, à la lumière de plusieurs publications alarmantes*.

Ce sont aujourd’hui 6% des élèves de 11 ans et 41% des élèves de 15 ans qui déclarent avoir été ivres au moins une fois dans le cours de leur vie. Parmi les ados de 17 ans, ils sont 58,9% à avoir été ivres, dont 25,3% plus de trois fois pendant la dernière année.

Ces états d’ivresse découlent de la pratique de plus en plus fréquente du « binge drinking » (« biture express » ou « défonce alcoolique ») et, grossièrement, plus de la moitié des jeunes avouent s’y adonner, et pour la plupart, continuer à le faire ; avec pour conséquences à court terme des difficultés de concentration et des troubles de l’attention et de la mémoire. Les effets à long terme seront d’autant plus graves que l’alcoolisation a débuté tôt.

Même gravité pour le tabac, et derrière, finalement, la même cause : des puissances financières considérables et d’un cynisme à la mesure de leurs moyens ; des Etats et leurs banques qui ne méprisent pas le fait d’abriter ces puissances financières et, à l’occasion, de les protéger ou de les favoriser. Et bien sûr, des lobbies puissants et des stratégies de communication visant volontiers le public vulnérable des jeunes (par exemple par le biais du cinéma).

« Mon ennemi -notre ennemi- c’est la finance », en matière de santé, et il faut l’expliquer : les jeunes qui pensent s’émanciper en fumant ou en buvant tombent dans les rets d’un pouvoir économique qu’ils contestent par ailleurs,  les « libertaires » qui traitent d’ « hygiénistes » ceux qui dénoncent ces pratiques font le jeu de ces mêmes financiers. Et, toujours davantage, ce qui était un  comportement à risque devient une addiction, cette addiction se propage de manière épidémique (et en premier lieu, parmi les jeunes) et nous nous trouvons aujourd’hui en face de « pandémies financières » qui touchent à des degrés divers tous les pays et contre lesquelles nous butons.

*Amine Benyamia et Marie Pierre Simatier « Comment l’alcool détruit la jeunesse », ed. Albin Michel; Martine Daoust, Mickael Naassilia « Prévention de l’alcoolisme, l’Ecole doit se réveiller ».  Tribune dans « Le Monde », suppl. Science et médecine, 19 octobre 2017

 

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