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C’est un sujet méconnu mais lourd de conséquences que nous avons présenté avec mon confrère pédiatre Claude Billeaud et l »équipe du « manifeste de lutte contre la dénutrition ».

Beaucoup plus souvent qu’on ne croit elle frappe les jeunes enfants et parfois même les foetus quand la mère ne s’alimente pas correctement. Il s’en suit des enfants de petits poids, qui ne se développent pas normalement alors qu’il suffit de les peser régulièrement pour faire le diagnostic et remédier à ce trouble.

Plus nombreuses encore sont les personnes âgées dont l’appétit diminue bien souvent en vieillissant. Quand elles vivent seules, elles perdent l’envie et l’habitude de se préparer de vrais repas. Quand ceux-ci sont livrés, ils finissent souvent en grande partie dans le réfrigérateur et la dénutrition s’installe.

Chez les grands âgés, en particulier atteints de déficit cognitif, d’autres facteurs s’ajoutent à la diminution de l’appétit : les repas en établissement sont souvent servis sur des plateaux qui sont remportés sans que l’on fasse une suffisante attention à ce qui n’a pas été consommé. Quand la cuisine est externalisée, il manque au moment des repas, de l’odeur appétissante des plats chauds. Enfin, le mauvais état bucco-dentaire, la sensibilité très fréquente des gencives, décourage les grands âgés de manger suffisamment.  Il faut dans tous les cas exiger que les résidents soient pesés une fois par semaine, pour renforcer l’alimentation avant que les conséquences s’installent (grande fatigue, faiblesse rendant difficile même de manger seul).

Pour les malades d’Alzheimer, on a mis au point des bouchées, aux couleurs attirantes, à la saveur renforcée, que l’on pose sur un petit plateau à côté des fauteuils. Et le plus souvent, automatiquement, ces malades piochent dans l’assiette au cours de la journée et renforcent ainsi leur prise alimentaire. Ce « manger main » est malheureusement trop peu connu et répandu, et très peu de traiteurs en préparent pour les malades vivant à domicile.

Un vrai grand sujet de santé publique et je vous invite à signer la pétition* destinée à alerter les pouvoirs publics pour qu’une meilleure information soit faite, et une prise en charge plus systématique des patients dénutris.

 

  •  www.luttecontreladenutrition.fr

 

Comments 1 commentaire

  1. 10 avril 2017 at 16 h 58 min Laurent

    Nous avons tous à y gagner: d’abord, bien sûr, les personnes âgées dénutries (comme les enfants) pour des raisons évidentes. Mais plus subtilement, étant donné qu’elles manquent très souvent d’une alimentation carnée suffisante, il en découle un déficit consubstantiel en tryptophane acide aminé indispensable car apporté que par l’amimentation et précurseur de la sérotine antidépressive: il est probable que la cause (encore une fois vive les traitements étiologiques à défaut d’être symptômatiques) de pas mal de dépressions (et leur COÛT)chez la personne âgée soit en lien avec une carence en tryptophane. Les antidépresseurs nécessitent des traitements annexes pour pallier l’hypotension orthostatique qu’ils occasionnent! Mais, là encore, il n’est pas rare que cette hypotension coriace soit à l’origine de pertes de l’équilibre pouvant allègrement (surtout à cet âge) se terminer par une fracture notamment du col du fémur ET le COÛT qui en découle…

    Une telle meilleure alimentation, c’est aussi, en plus de l’humain, du médical de base, de ce moment si rare de plaisir au cours de longues journées et leur monotonie, des économies pour la sécurité sociale pour ces raisons, entre autres.

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