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A part être « le pire des systèmes à l’exception de tous les autres », qu’est-ce que la démocratie ? C’est la possibilité pour chacun de s’exprimer, par le vote et en dehors de lui, dans le cadre d’une constitution approuvée par le peuple.

Cette constitution implique dans notre République, cette forme particulière de liberté d’expression : la liberté de manifester. Malgré l’état d’urgence, malgré le sur-engagement des forces de sécurité, notre Gouvernement a pris grand soin de préserver cette liberté pour tous . N’y aurait-il que le Parti Socialiste à n’y avoir pas droit et à devoir subir des méthodes totalitaires l’empêchant de s’exprimer ?

Mon inquiétude grandit en effet depuis la réunion publique des 13 parlementaires PS girondins du 29 juin à Bordeaux. Salle comble, public attentif et désireux de débattre avec ses représentants au Parlement et avec le porte parole du Gouvernement Stephane le Foll. Une trentaine de personnes, que nous n’avions pas voulu filtrer puisqu’il s’agissait d’une réunion publique, ont fait le choix de méthodes fascisantes pour empêcher les uns et les autres de s’exprimer et nous obliger à amputer la soirée du débat qui en constituait la 2ème partie.

Ces méthodes ne sont que trop connues des régimes totalitaires : invectives, bruits de fond, boules puantes, insultes… J’ai été glacée d’effroi d’entendre le mot « traître » jeté au visage du Ministre : c’est ce mot précisément avec lequel on accompagnait les réunions publiques de Georges Mandel, député de la Gironde, à l’endroit même où nous nous trouvions. C’est ce mot précisément dont on désignait Leon Blum au moment du Front Populaire.

Aujourd’hui, nous apprenons l’annulation de l’Université d’été du Parti Socialiste en raison de menaces précises ne permettant pas de garantir la sécurité de la réunion, non plus que de la ville de Nantes où elle devait se tenir. Je suis la première à penser que le choix de cette ville n’était pas, en cette période, le meilleur, mais je suis aujourd’hui abasourdie que les médias signalent la cause de cette décision sans dénoncer cet empêchement au droit de réunion et d’expression d’un parti démocratique représenté au Gouvernement.

De même, de la réunion de Bordeaux, la presse a souvent préféré retenir les 30 trublions plutôt que les 500 participants, les huées que le contenu des discours, donnant de facto raison à ceux qui ne veulent pas que chacun ait un égal droit à s’exprimer. La démocratie est entre nos mains telle un trésor fragile, l’Histoire nous montre qu’elle peut en quelques mois se briser de trop d’inattention à ou d’une trop grande facilité à suivre le vent mauvais des invectives et du dénigrement

Comments 6 comments

  1. 5 juillet 2016 at 11 h 27 min Mathieu Segaud

    Vous êtes scandaleuse. Vous traitez de fascistes vos propres militants ? il est vraiment temps que l’aventure sociale-libérale d’un parti de vendus au plus offrant prenne fin. Regardez-vous, vous êtes la honte de tous les mouvements de gauche. Que vous en soyez à justifier l’agression d’un de vos propres militants par un service de sécurité idiot est un signe de putréfaction extrême. J’ai honte d’avoir voté Hollande à la primaire et à la présidentielle et j’en pleure. Vous avez détruit toute crédibilité à une vraie gauche de progrés, pour l’être humain, et pas pour vos simples portefeuilles de professionnels de la politique.

    Honte sur vous.

  2. 5 juillet 2016 at 21 h 33 min Louis

    Méthodes fascisantes ? Le PS envisage-t-il de porter plainte contre le Front National ?

  3. 6 juillet 2016 at 17 h 50 min Klaus Fuchs

    Mathieu Segaud, donc cela auraient été des « propres militants » du PS qui se sont mis en tête de saboter la réunion par des invectives, hurlements, insultes organisés en abusant d’une libre entrée dans la salle? Drôle de conception de ce qui serait aujourd’hui le comportement d’un « militant ». Attendre le débat prévu et poser correctement ses questions ou faire des commentaires dans le respect des orateurs, accepter les règles du jeu – tout cela semble pour ces types -là des reliquats d’un système à détruire et dont on n’avait rien à foutre. Joli, joli.
    Ceci étant, nous avons pu très bien identifier un nombre de ces gueulards qu’on a déjà rencontrés à d’autres occasions et qui n’avaient aucun lien avec le PS, mais avec Nuit debout (qui avec de tels moyens essaie de se réanimer) et autres groupes sectaires.
    et s’agissant de votre définition autoproclamé de ce qu’est la « gauche », je me passe de commentaires. C’est trop bête, tout simplement.

    • 9 juillet 2016 at 11 h 27 min loyal

      quant à votre définition de la gauche, elle est d’une grande clarté! Débrouillez vous avec les faits: hausse du chômage, des contrats précaires, de la pauvreté; laisser faire répugnant de la concentration de la presse aux mains de quelques puissants; impulsion d’un racisme d’Etat dans l’affaire de la déchéance de la nationalité; désignation de l’ennemi principal dans un syndicat ouvrier…Madame Delaunay a raison, la démocratie est en danger, c’est largement le fait de son camp; organiser un « débat » pour vanter cette politique n’avait d’autre signification que de détruire un peu plus les repères démocratiques.

  4. 7 juillet 2016 at 18 h 09 min Kedru

    Et pendant ce temps la, on tue en syrie en irak, les migrànts se noient dans les memes eaux ou d autres se baignent, l europe a des ulceres…. les discussions politiciennes actuelles et les polemiques de posture sont « les tempetes dans un verre d’eau » dont parlait nathalie sarraute…..

  5. 11 juillet 2016 at 1 h 08 min citoyen

    loyal, cette réponse est l’exemple typique de la confusion des cervelles. Surtout dire que présenter un bilan est détruire les repères démocratiques… Faut oser dire ça.

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