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Ces derniers mois nous ont démontré, non que les civilisations sont mortelles, nous le savions, mais que la nôtre, ici et maintenant, était menacée. C’est dans cette crainte et autour de la République et de ses valeurs, que j’ai ouvert ma 10ème lettre de députée et mon compte rendu de mandat ce 15 septembre.

Quelques personnages installés les premiers dans la salle, parmi les Bordelais -nombreux- qui s’étaient déplacés, et un groupe d’une trentaine de perturbateurs tentant d’entrer de force, m’ont confirmé dans l’idée que notre démocratie était aujourd’hui empêchée. Je n’avais prévu pour cette réunion annuelle ni filtrage, ni le moindre appui policier, tellement cet exercice, relevant du devoir des élus envers leurs électeurs, me paraissait ne pouvoir cette année comme les précédentes, être la cause d’aucun trouble.

Cette trentaine d’individus faisant un forcing bruyant à la porte de « la maison du combattant » m’a obligée à demander l’appui de la police pour que la salle ne soit pas envahie. Je l’ai fait à un extrême contre coeur, après qu’un de mes assistants parlementaires, a été frappé par derrière, à la tempe et sur le côté de la tête Le public, fait de « vrais gens » de tous âges, commençait de s’inquiéter, l’atmosphère jusqu’alors et comme toujours respectueuse, quelquefois vive mais sans remous, était rompue. Nous avons pu mener la réunion mais sans la liberté, la gaieté mêlée au sérieux, l’intérêt réciproque aux échanges, de tous mes compte rendus de mandat.

Non, ce n’est pas la première expérience, mais c’est la première période où cette expérience se renouvelle systématiquement. Un café politique en mai, la réunion « Pour la France, pour la gauche » autour de Stephane le Foll en juin, la réunion de Colomiers fin aout qui n’a pu se tenir que grâce à d’importantes mesures de sécurité, et jusqu’à ce modeste compte rendu de mandat, ont été systématiquement perturbés, sans autre fin que d’empêcher les élus ou les Ministres en responsabilité de s’exprimer. Peut-on encore parler de démocratie ? Le « vivre ensemble », c’est aussi le « parler ensemble », expliquer et s’expliquer, et pour les élus, rendre compte.

Il n’est pas concevable pour moi de m’exprimer, de tenir une réunion, sous protection de la police. D’autant que cela ne correspond nullement, en tout cas à Bordeaux, à l’atmosphère des relations au quotidien entre les élus et leurs concitoyens. Dans la perspective de ce compte-rendu de mandat, j’ai consacré des heures à distribuer ma « Lettre » dans sa version papier qui contenait l’invitation à la réunion, la remettant directement à tous ceux que je croisais où qui m’ouvraient leur porte, répondant à ceux qui venaient vers moi pour me saluer, me dire qu’ils aimeraient discuter davantage, dire ce qui n’allait pas, pas une fois, je n’ai rencontré l’hostilité ou l’insulte, telle qu’elle s’est exprimée aux occasions évoquées précédemment.

Car qui sont ces perturbateurs, utilisant des méthodes que je croyais révolues ? Le 15 septembre, avait lieu la manifestation contre la loi travail : les responsables syndicaux ont à Bordeaux dû l’interrompre car elle était perturbée par des agitateurs. Ce sont les mêmes -et en aucun cas les militants syndicaux- qui le même soir ont assiégé la pacifique « maison du combattant » et qui condamnent aujourd’hui la démocratie à n’être plus, sous la baguette de « communicants », que surenchères et propos clivants ou, en réaction, de prêches sans contenu, les uns et les autres amplifiés et repris par les médias comme des balles au tennis.

Cette forme de démocratie, qui empêche les contacts et les échanges directs, où l’on fiche, via des logiciels, les électeurs pour pouvoir les abreuver de mails et de messages, me fait peur. Je suis en politique pour 1-mériter la confiance 2-etre utile, 3-rendre compte.

En médecine, ces « 1,2,3 » étaient applicables facilement. En politique, ils sont aujourd’hui brouillés, empêchés, ou pire, bafoués. Aux électeurs de les exiger.

 

 

 

 

Comments 3 comments

  1. 17 septembre 2016 at 19 h 15 min Jean Louis G

    nous n’étions pas venus pour ça. je vous avais dit dans la rue que je viendrais, je regrette ces fausses questions qui masquent les vrais problèmes

  2. 22 septembre 2016 at 11 h 33 min Laurent

    Pardon d’élargir le débat démocratique aux Présidentielle 2017 mais si le carton rouge vaudrait bien pour N.S. avec nos ancêtres les Gaulois, il ne faudrait pas que les autres compétiteurs se complaisent dans le niveau très bas du débat à moins de vouloir pêcher à l’extrême droite pour N.S. voyant A.J. le talonner? Cependant j’aimerais que les journalistes, les autres concurrents ne se laissent pas enfumer par les chiffres du chômage comparés entre la France et l’Allemagne évoqués par l’énarque A.J.: pour asseoir son discours sur le changement (l’éternel changement) A.J. nous expliquent sans doute par manque d’arguments non malhonnêtes que le chômage allemand est de 6,2% alors que le français est de 10,5%… Et rien de plus. Mais il y a un mais qu’il faudrait lui rétorquer au moins quelques fois quand le journaliste a l’esprit critique: C’est qu’il s’agit d’un taux, donc proportionnel au nombre d’habitants… D’autre part, la natalité (son taux) qui d’ailleurs inquiète les allemands est très faible en Allemagne comparée à celle de la France. Donc, le nombre de personnes en âge de travailler est plus faible en Allemagne qu’en France ce qui minore l’écart entre les 10,5% et les 6,2% de chômeurs et ce d’autant plus qu’il y a en Allemagne 80,62 MILLIONS d’habitants pour 66 Millions en France… C.Q.F.D. Alors carton rouge ou jaune pour A.J.?

  3. 26 octobre 2016 at 11 h 42 min emy

    Quand on voit comment la loi santé a été voté .. Je me demande comment vous osez dire le mot « démocratie » ..
    On parle de la loi travail ? Bref vous crachez tous sur le FN mais vous êtes au même niveau. POLITIQUE =FACHOS . Juste bon à monter les citoyens les uns contre les autres histoires de mieux nous punir ensuite.

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