m

Disons-le sans faux semblant : l’apprentissage demeure une voie considérée comme répondant à des situations d’échec, mal valorisée, mal portée par la classe politique. Hors du constat, nulle proposition de la part de ceux qui prétendent le rendre plus attractif, ne serait-ce que de la part des Ministères de l’Education et de l’enseignement « supérieur ».

L’urgence est pourtant réelle : la baccalauréat, examen qui connait 90% de taux de réussite, ne peut être considéré comme le sésame automatique ouvrant la porte de l’Université, avec les frustrations que l’on connait dès la fin de la 1ère ou de la 2ième année, quand ce n’est pas à la fin des études devant l’absence de débouchés de la carrière choisie.

C’est l’Université qui doit alors évoluer, ne serait-ce que dans son vocabulaire. Parlons de ce que je connais le mieux : les facs de médecine et les formations scientifiques. Pourquoi ne pas réunir les premières années et l’externat sous le nom d’ « École d’apprentissage » ? Même chose pour les stages divers dans les services hospitaliers, auprès des médecins libéraux ou dans des laboratoires. « Mon fils fait son apprentissage de prothésiste, de physicien nucléaire, d’imagerie cérébrale, de clinique pratique »… Ce qualificatif seyant particulièrement à nombre de spécialités qui s’apprennent bien davantage outil en main (qu’il s’agisse d’un scanner ou d’un bistouri) que cerveau dans les livres.

Bref, « apprenti » sera un mot d’autant mieux évalué qu’il s’appliquera tout autant au carénage des bateaux, à la mise en place d’une orthèse qu’à la mise au point d’un appareil à résonance magnétique ou d’une caténaire de tram.
Et, pour ma part, c’est un mot que j’aime beaucoup. Rester « apprenti », c’est ne jamais vieillir.

Répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *