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C’est devant un parterre d’affidés qui tenaient bivouac sur un trottoir de la place Gambetta à Bordeaux qu’Alain Juppé a pris la parole pour dire tout le bien qu’il pensait de la candidate Les Républicains qui m’est opposée pour l’élection législative. Toute la majorité municipale était là, ce qu’il faut de personnel municipal, de membres du parti et de courtisans ordinaires.

Jusque-là, rien que de normal ou du moins d’habituel. Quelques phrases pour la candidate, davantage pour la députée en titre (ma pomme en l’occurrence)  qui a, outre le grand tort d’être d’une autre tendance politique que lui, mais aussi de l’avoir délogé de son mandat en 2007, puis d’être réélue en 2012, Alain Juppé s’étant retiré sans panache trois semaines avant le scrutin, les sondages lui étant défavorables. Ce retrait a été d’ailleurs curieusement gommé de toutes ses biographies comme des centaines d’articles qui lui ont été consacré en préparation des primaires de la droite…

On aurait pu attendre quelques éléments politiques pour motiver son choix et soutenir son discours. Un seul en fait est pour lui déterminant me concernant. Si le journal « sudouest » ne le mentionnait pas, on n’aurait sans doute pas cru la phrase dans la bouche d’un ancien Premier Ministre, qui se positionne en homme d’Etat

-« On va bien finir par s’en débarrasser cette fois ! » *

Alain Juppé souffre d’une maladie incurable : le vinaigre lui coule dans les veines. Le mépris lui vient aux lèvres comme un tic de langage, un bégaiement incontrôlable de la pensée. Nous en souffrons régulièrement au Conseil Municipal, où par exemple il parle systématiquement à sa voisine et dauphine quand nous prenons la parole pour bien montrer le peu de cas qu’il fait de son opposition. En 2007, entre les deux tours de la législative, Ségolène Royal était venue avec moi sur le terrain, entrainant derrière une foule qui croissait à chaque pas. Alain Juppé avait déclaré à la presse qui en avait fait un titre  « la candidate socialiste a fait venir le SAMU« . Trois jours après, il était battu.

Pour autant, je demeurerai dans mon attitude de respect, eu égard à ses fonctions. A l’issue de la Primaire qui l’avait vu largement distancé par François Fillon, j’avais demandé à notre groupe de n’y faire aucune allusion et de s’abstenir d’une opposition trop vigoureuse. Tous, sauf un, nous nous y étions conformés. De même et quoi qu’il en dise je ne l’attaque jamais « ad hominem », non plus que sur des questions privées ou passées. Cela aussi me parait relever de l’éthique en politique.

 

  • journal sud-ouest, le 5 avril 2017 (l’un de nous était aussi présent et l’a entendu)

Comments 4 comments

  1. 7 avril 2017 at 11 h 52 min Dan

    Je suis électeur dans votre circonscription. Vous soutenez B.Hamon, ce qui est respectable. Je fais partie des électeurs de Hollande qui, très déçus par le comportement des frondeurs, rejoindront E.Macron. J’aimerais bien connaitre votre position au cas où ce dernier serait élu Président de la République. Continuerez vous à soutenir les utopies de M.Hamon ou serez vous prête à participer à une coalition pour mettre en oeuvre le programme soutenu par une majorité de français ? J’imagine que, si E.Macron était qualifié face à M.Le Pen vous vous prononcerez pour un front républicain. Cordialement.

  2. 8 avril 2017 at 11 h 16 min Shlomo

    il ne passera pas

    • 10 avril 2017 at 13 h 13 min Dan

      Benoît Hamon attribue l’échec de sa campagne au bilan du gouvernement et vous continuez à le soutenir ?

  3. 8 avril 2017 at 18 h 48 min Boudy

    A Bordeaux on n’a pas de chance. On a une droite très a droite, souvent catholique, ultra-libérale, moyennement sociale, très éloignée de l’esprit centriste et humaniste de Chaban-Delmas et des grands hommes de droite.
    On est plus proche de Poujade.
    Mes nombreux amis de droite ne se reconnaissent pas toujours en elle.
    A Bordeaux on n’a pas de chance. On a une gauche assez inaudible, très bonne famille, sans connaissance réelle du monde ouvrier (mais ce n’est pas de sa faute car Bordeaux n’est pas une ville industrielle). Mes nombreux amis de gauche ne se reconnaissent pas toujours en elle.
    Si l’on est « de souche » on se retrouve sur le bassin le week-end dans la villa familiale.
    Cet échantillon « Bordelais de souche » n’est pas forcément majoritaire.
    Les étudiants et les nouveaux venus et passagers formant un grand bataillon.
    Par contre… c’est lui qui fait de la politique.
    On connaît son premier « Bordelais de souche » généralement après 15 à 20 ans de résidence.
    C’est une ville qui respire la liberté…qui est belle et enviée.
    La gauche (à défaut de pouvoir défendre les ouvriers…il y en a peu) aurait une seule chose à dire qui la distinguerait de sa rivale.
    Car il y a un léger problème à Bordeaux: sur les plaques viographiques une Apologie de crime contre l’humanité.
    Plus de 20 participants à l’esclavage qu’on élève donc en modèle.
    Reprendre la chose politique bordelaise par le début serait sans doute parler essentiellement de cela. Tout en découle…A Bordeaux… Un des premiers partenariats public-privé ce n’est pas celui du stade…c’est le Pont de Pierre… et il y avait des esclavagistes parmi les « sponsors. »
    Bref toutes les thématiques humanistes actuelles sont inaudibles tant que la viographie est ainsi.
    Elle empêche d’imposer les thématiques de la gauche.
    Est-ce glauque d’en parler? Non. La mémoire n’est faite que pour parler de l’avenir.
    Et curieusement…
    Quand ces plaques seront tombées on ne mettra plus 15 ans à connaître un « Bordelais de souche. »
    Pour mieux reconnaître les autres Bordeaux a besoin de se reconnaître elle-même.
    Ce sera le retour du refoulé… le verrou qui saute.
    Bordeaux enfin ville ouverte sur le monde, sa culture et la culture.

    Bon week-end
    Stéphane

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