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La recherche : outil de crédibilité des politiques

Pendant sa campagne, Donald Trump a affirmé que le monde avait été créé en 7 jours et qu’il ne croyait pas en les méfaits du tabac. Ni l’un ni l’autre n’étaient gratuits.

Le premier a pour objet d’ouvrir à l’enseignement du créationnisme. Le second de « faire plaisir » à l’industrie du tabac.

Nous devons tout mettre en oeuvre pour ne pas en arriver à ces extrémités. Ce matin, les équipes du CNRS avaient convié les élus bordelais à un petit-déjeuner d’échanges. Remarquable initiative qui nous a démontré que nous avions besoin les uns des autres.

Les scientifiques pour que nous mettions leur travail en valeur. La recherche doit être soutenue, et pas seulement (mais aussi) avec des moyens financiers, mais en l’incluant dans les débats politiques, sur des chaînes telles que @lcp , sur les médias sociaux..

Les politiques ont un besoin très concret des scientifiques, pour baser leur décisions, leurs programmes d’aménagement du territoire, leurs projet urbains sur des travaux pluridisciplinaires. La recherche fondamentale elle-même est essentielle pour l’innovation d’une part, mais aussi pour le développement économique. Les scientifiques amènent dans les laboratoires de recherche des fonds considérables et des chercheurs d’autres pays, sans lesquels elle n’atteindrait pas le niveau international qui est aujourd’hui exigible.

Merci à tous ceux qui étaient réunis aujourd’hui pour échanger, avec un focus sur la contribution des chercheurs dans le domaine de l’environnement.

L’urgence d’un plan piscine ambitieux : intervention lors du Conseil de Métropole du 17/02/2017

« Apprendre à nager est en un véritable enjeu de société et le chiffre alarmant du nombre de noyades par an explique en grande partie pourquoi la natation est la pratique sportive la plus pratiquée en milieu scolaire. Ce sport est de plus le plus équilibré car il peut être pratiqué à tout âge.

Or, notre Métropole souffre d’un fort déficit d’équipements en bassins publics et un plan piscine à l’échelle de l’agglomération s’avère mois après mois, fermeture après fermeture, réduction de surface de baignade après réduction de surface, d’une impérieuse nécessité.

La Métropole compte 750 000 habitants mais seulement 16 piscines publiques couvertes et 3 piscines exclusivement en plein air ouvertes l’été.

En comparaison, la Métropole de Rouen-Normandie, 500 000 habitants, en compte 20 !

La Ville de Bordeaux n’échappe pas à cette règle et souffre depuis plusieurs années d’une pénurie croissante de piscines au regard de l’importance de sa population et de sa position de ville-centre.

Ville de 245 000 habitants, elle ne propose à ses habitants que 4 piscines publiques dont l’une n’est ouverte que durant les deux mois d’été. 

En 2008, il y a 9 ans, la France métropolitaine comptait 260 m2 de bassin pour 10 000 habitants.

En 2017, à Bordeaux, nous disposons de 3105 m2 de surface de baignade (dont 300 m2 pour Stéhélin) soit 127 m2 pour 10 000 habitants, moitié moins que la moyenne nationale de 2008 !

En comparaison, Toulouse bénéficie de 344 m2 pour 10 000 habitants.

L’apprentissage de la natation se fait aussi pendant le temps scolaire mais, depuis la fermeture de la piscine Galin, les classes de primaire ont été redéployées dans les autres piscines bordelaises.

En conséquence, les enfants passent plus de temps dans le bus que dans l’eau (40 minutes minimum prévues par les textes de l’Education nationale). Cela est plus particulièrement le cas des enfants de la Bastide, de Bordeaux Sud et de Caudéran.

En 2015, Bordeaux a reçu le label « Ville européenne du sport » attribué selon 8 critères dont celui des équipements sportifs. 

Bordeaux ne cesse de briller dans les classements d’attractivité ou d’image alors même qu’un grand nombre de nos équipements sportifs sont vétustes ou fermés.

En conclusion, les fermetures ou report de projets qui se sont succédés ces dernières années n’ont fait qu’aggraver un déficit déjà important. Cela, dans un contexte d’augmentation de population qui devrait indubitablement être corrélé à une offre de services et d’équipements de proximité digne des ambitions d’une ville comme Bordeaux et de sa métropole.

L’engagement de notre Métropole dans un plan piscine ambitieux est donc de plus en plus urgent. »

La Cour des comptes demande de revoir le soutien de l’Etat aux buralistes

PARIS, 8 février 2017 (APMnews) – La politique de santé publique conduit à une baisse de la consommation de tabac, ce qui nécessite que l’Etat réexamine les modalités de son soutien aux buralistes, estime la Cour des comptes dans son rapport annuel rendu public mercredi.

La vente au détail repose pour l’essentiel sur un réseau de 25.492 débits de tabac (fin 2015), dont les tenanciers sont des préposés de l’administration des douanes. Cette organisation structure les relations entre ces commerçants et l’Etat, rappelle la Cour des comptes.

Depuis 2004, « considérant que sa politique de lutte contre le tabagisme aurait un impact sur la vente du tabac dont le prix a fortement augmenté », l’Etat a mis en place de nouvelles aides pour soutenir le revenu des buralistes dans le cadre de « contrats d’avenir » sur 2004-2007, 2008-2011 et 2013-2016, signés avec la Confédération des buralistes.

Alors que la Cour des comptes avait déjà recommandé dans son rapport annuel de 2013 de procéder à une remise en cause de ce troisième contrat, elle constate que ce dernier n’a pas corrigé les défauts qui avaient été relevés.

« Les dispositifs [d’aide au revenu des buralistes] sont toujours nombreux, peu ciblés et insuffisamment contrôlés, alors que les revenus des débitants continuent d’augmenter et que le nombre de d’établissements en difficulté apparaît limité. »

L’évolution des revenus « continue d’être dynamique », favorisée notamment par la hausse du prix de vente du tabac qui se répercute sur le chiffre d’affaires et par l’augmentation du taux de remise nette (le revenu de la vente qui revient au buraliste).

Les magistrats de la rue Cambon pointent le nouveau protocole qu’a conclu l’Etat avec la Confédération des buralistes, le 15 novembre 2016, prévoyant une nouvelle hausse de la remise nette et maintenant les aides financières « sous diverses formes » et ce, « sans attendre d’avoir observé les éventuelles conséquences de la mise en place du paquet neutre sur le revenu des débitants ».

Le nouvel accord est conclu pour cinq ans « sans considération des besoins réels des débits véritablement en difficulté » et il est « inadapté aux évolutions souhaitées ». « La politique de santé publique conduit à la baisse inéluctable de la consommation de tabac et l’objectif principal doit être la reconversion de ces commerces à d’autres activités. »

La Cour regrette aussi que la situation profite d’abord aux débutants de tabac, « au détriment des recettes de l’Etat », et « invite les pouvoirs publics à réfléchir aux modalités d’organisation de la vente au détail du tabac » et « à reconsidérer au plus vite […] les dispositions du protocole d’accord du 15 novembre 2016 ».

Les arguments avancés pour le maintien de cette organisation, notamment la mise en oeuvre de la politique de santé publique et l’interdiction de la vente aux mineurs, sont peu étayés. « Ainsi, aucune donnée n’a pu être fournie sur le nombre de contrôles et éventuellement d’infractions des buralistes au regard de leurs obligations en matière de santé publique. »

La Cour pointe aussi la relation particulière de l’Etat et des buralistes de par leur statut de préposé des Douanes et relève que les dispositifs de soutien sont « élaborés et mis en oeuvre sous l’égide de la seule direction des Douanes du ministère de l’économie et des finances, en lien étroit avec la Confédération des buralistes […], mais en l’absence du ministère de la santé ».

Dans une réponse commune, le ministère de l’économie et des finances et le secrétariat d’Etat chargé du budget défendent l’accord qu’ils ont signé et l’organisation actuelle de la vente au détail du tabac.

Ils estiment notamment que le réseau des buralistes permet d' »assurer une mise en oeuvre efficace des règles de publicité et d’interdiction de ventes aux mineurs » et que « le buraliste est ainsi un acteur de la lutte contre la prévalence tabagique », contrairement aux pays où la vente de tabac se fait dans des distributeurs automatiques.

Quant à la Confédération des buralistes, elle considère notamment que « plus que repenser les modes de commercialisation et de régulation, il conviendrait de repenser les politiques de santé publique au niveau européen (en termes de prix, d’emballage et de prévention) ».